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AP des 2ndes 12 :

Rencontre avec Dominique Desjeux, chercheur et professeur émérite d’anthropologie sociale et culturelle à la Sorbonne.

Dominique Desjeux avait toujours voulu faire « du social », il a fait de « la socio ». Et âgé d’une vingtaine d’années, il entre comme chercheur au centre de Sociologie des Organisations (CNRS) dirigé par Michel Crozier. Ce sociologue l’initie aux enquêtes micro-sociales, « de terrain », ce qui « lui fera gagner vingt ans » dans sa réflexion. La première qu’il a menée sous sa direction, concernait la politique industrielle française et elle l’a profondément marqué. Il y a vu, leçon utile pour la suite, comment sont organisés les réseaux « pré-numériques », en l’occurrence celui du corps des mines

A 25 ans, il part pour l’Afrique. Il est d’abord coopérant à Madagascar, où il découvre l’anthropologie - guère différente à ses yeux de la sociologie- « par hasard » à travers l’étude du monde paysan. Puis, au Congo-Brazzaville, il fait de la recherche et enseigne. Le retour en France, en 1979, ne sera pas sans difficultés. A des problèmes personnels s’ajoutera à deux reprises l’expérience du chômage, qu’il est sans doute « le seul professeur à la Sorbonne à avoir connu ». Mais Dominique Desjeux « a appris à se battre» et soutient en 1986 son doctorat d’Etat. Après avoir enseigné quelques années à l’école d’agriculture d’Angers, il devient en 1988 professeur d’anthropologie sociale et culturelle à la Sorbonne. Dès lors, il ne cessera d’accumuler les fonctions et les missions les plus diverses, la recherche et la publication étant ses piliers.   

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AP des 2ndes 13 et des 1ères S5 :

Rencontre avec le Docteur Badan, gastroentérologue à l’hôpital de Cannes,

et le Docteur Sicsic, généraliste au Cannet.

 

 

 
Le Docteur Sicsic, installé aujourd’hui au Cannet, a passé son bac au lycée Carnot et fait ses études à l’Université de Nice. Il officie comme médecin généraliste depuis 21 ans. «  Un beau métier  » qui lui permet de «  voir  la vraie vie des gens, de percevoir les évolutions de la société  » - il a suivi certaines familles sur quatre générations, et connaît des patients depuis plus de 20 ans. Il ajoute être aussi «  psychologue, conseiller conjugal, gestionnaire, comptable, informaticien…  ». Les seuls qui «  restent au front, déclare-t-il, sont les généralistes  », déplorant qu’ils se raréfient. La médecine devient en effet de plus en plus technique et le nombre de spécialistes s’accroît.

 

 

Le Docteur Badan, gastroentérologue à l’hôpital de Cannes, en fait partie. Lui aussi utilise une métaphore guerrière, évoquant son «  parcours du combattant  ». Né sans une petite ville de Moldavie – un pays francophone -, il débute en chirurgie pédiatrique. Arrivé en France en 2007, il fait d’abord fonction d’interne dans le service de gastroentérologie de l’hôpital de Cannes de 2008 à 2010; puis, après avoir passé des examens complémentaires, demandé des équivalences et perfectionné son français, il obtient enfin une autorisation d’exercice. En définitive, il peut se targuer d’un niveau «  bac + 18  » ! Comme le Dr Sicsic, premier médecin de sa famille, il a senti la vocation  d’aider, de guérir, appréciant de rendre le sourire à ceux qui viennent le consulter.

 

 

« If you can keep your head when all about you are losing theirs...  »*

La première bataille à mener, de longue haleine, est celle des études de médecine, parmi les plus longues et les plus ardues des études supérieures. En France, elles débutent par la PACES, «  la première année commune aux études de santé  ». Les cours se font aujourd’hui par vidéo, ce qui ne permet pas de poser de questions – mais les nouvelles générations ont en revanche la chance de disposer d’Internet. Les amphithéâtres se vident au fil de l’année, le numerus clausus ne retenant que 10% des candidats. Inutile donc pour l’instant de se projeter plus loin que cette première année dit le Dr Sicsic aux futurs carabins. L’étudiant doit avoir «  le nez dans le cahier  », «  jeter son téléphone portable  », bref être «  asocial  » pendant 1 an ou deux (s’il est autorisé à redoubler). Il existe des «  écuries  », des écoles privées pour accroître ses chances de réussite. Le Dr Sicsic conseille fortement de s’inscrire à la pré-rentrée d’août, dans le cadre du tutorat organisé par l’Université.

 

 

« If you can trust yourself when all men doubt you… »

 

Les années suivantes marquent l’entrée en pratique, de plus en plus poussée, des étudiants, les «  études au lit du malade  » étant une particularité française : stages hospitaliers, gardes et première rémunération dès la 3è année. En fin de 6è année, les «  épreuves classantes nationales  » donnent accès à «  l’internat  », qui dure 3 ans pour le généraliste, 4 à 5 ans pour le spécialiste. Suivant son classement, l’étudiant choisit son CHU d’affectation, ainsi que sa filière de spécialité – mieux vaut en choisir une qui permette de «  faire des actes  », ceux-ci étant plus rémunérateurs que les consultations.

 

 

« If you can wait and not be tired by waiting….»

 

Connaît-on des moments de découragement ? «  Tous les jours  » répondent en chœur les deux médecins. A ceux qui seraient tentés d’étudier à l’étranger, le Dr Badan conseille de tenir compte de la langue d’enseignement, du prix des études (gratuites en France), des modalités de reconnaissance des diplômes dans le pays où l’on souhaite exercer.

 

 

« If you can think - and not make thoughts your aim...»

La pratique n’est «  jamais comme dans les livres  », à l’inverse de ce que pensaient les médecins au temps de Molière. Les deux médecins se rejoignent : «  50% du diagnostic procède de l’interrogatoire, 50% de l’examen clinique  ». Les examens complémentaires, permis par le progrès de la médecine, n’apportent que 10% de certitude en plus.  Que faire si l’on ne trouve pas la cause de la maladie ? A l’hôpital, on consulte un collègue  ; le Dr Sicsic, seul dans son cabinet, est bien obligé parfois de se replonger dans de gros volumes. Car chaque jour, 2 ou 3 cas atypiques conduisent à jouer les Dr House.

 

« If you can walk with Kings - nor lose the common touch...»

En première ligne, notre généraliste doit «  régler les problèmes mineurs, transférer les problèmes majeurs  » et «  ne pas passer à côté des urgences  ». Il dispose d’un «  réseau  » de spécialistes à qui envoyer ses patients et cultive de bonnes relations avec le centre expert du CHU. Le manque de temps étant la principale source de stress, il regrette de devoir consacrer un après-midi par semaine à traiter les questions administratives.

 

« If you can fill the unforgiving minute/ With sixty seconds' worth of distance run...  »

A l’hôpital, l’emploi du temps est aussi chargé : gardes, astreintes, travail de nuit… 70 à 90 heures par semaine. «  Tout le monde peut vous appeler à toute heure - même votre voisin de palier, alors que vous êtes à l’hôpital !  » indique le Dr Badan. Mais pour lui, le stress est surtout lié à la gestion des priorités. Il faudrait «  3 paires de mains, d’yeux.  ». Dès lors, hiérarchiser les problèmes et déléguer aux internes tout en les formant est crucial. Un médecin devant être disponible en permanence, ce métier est-il compatible avec une vie de famille ? Oui,  soutient le Docteur Badan. Mais le Dr Sicsic pointe que la féminisation croissante de la profession met en danger la continuité des soins - les femmes étant appelées sur un autre front... Le Dr Badan soulève la question des rémunérations, insuffisantes selon lui à maintenir les spécialistes à l’hôpital.

 

« If you can talk with crowds and keep your virtue...  »

Tous les malades ne sont pas aussi hypocondriaques qu’Argan, le «  malade imaginaire  ». Mais tous «  ont leur porte d’entrée  » souligne le Dr Badan. Il  reçoit cinquante  patients par jour, et autant de caractères différents. Une consultation peut durer 10 minutes ou 1h30. Tout est dans l’écoute. «  Et il faut savoir se mettre dans la peau du patient  », ce qui permet par exemple de ne pas réagir sur le même ton à une personne agressive. «  Parfois, il faut une semaine pour annoncer un cancer, certaines familles ne voulant pas entendre la nouvelle… On apprend à discerner à quel type de patient on a affaire quand il arrive  ». De son côté, le Dr Sicsic  remarque que les patients consultent pour une raison, qui peut parfois en cacher une plus essentielle. Au médecin de la laisser apparaître. «  La société est en souffrance. On est là pour panser les blessures.» Evidemment, le métier amène à affronter la Grande Faucheuse, dont la victoire est d’autant plus difficile à accepter que le patient est jeune. Mais les médecins savent aussi l’éloigner : «  Quand j’appelle le 15 car je n’ai pas les moyens sur place  », dit le généraliste. «  Quand on parvient à arrêter une hémorragie digestive  », poursuit le gastroentérologue.

 

  «  ...You'll be a (medicine) Man, my son!  »

 

Pour le médecin des Carpates, comme pour son confrère maralpin, le seul remède à la difficulté des études de médecine  et du métier lui-même est d’aimer les gens, de les respecter : «  Tous les gens sont égaux devant un médecin, qu’ils soient SDF ou multi- millionnaires ; seul doit être pris en compte le niveau de gravité de leur état». «Science sans conscience  n’est que ruine de l’âme  » écrivait leur illustre prédécesseur, François Rabelais.

 

*Toutes les citations sont tirées du poème « If » de Rudyard Kipling.

 

 

 
la Compagnie des Soufflarts

La Commedia dell’arte avec la Compagnie des Soufflarts.

 

Vendredi 6 février, plusieurs classes de 2ndes et de 1ères ont découvert à l’auditorium ce genre de théâtre populaire dont s’inspirèrent en France Molière et Marivaux, et qui permet encore aujourd’hui la satire sociale. A travers des canevas burlesques, agrémentés de chants, d’escrime et de lazzi, les élèves ont fait la connaissance de la grande famille de la commedia, avec ses « zanni » -comme Arlequin et Pulchinella-, sa servante Colombine, ou ses vieillards risibles, Pantalon et le Docteur, qui s’opposent, souvent à leurs dépens, aux naïfs « amoureux ».

 


 

 
Bac blanc de Français

Un bac blanc est organisé par les enseignants de lettres pour tous les élèves de première.

Il se déroulera le jeudi 20 février 2014 de 8h à 12h (13h20 pour les 1/3 temps).

Pour mettre les élèves en situation d'examen, ces derniers sont répartis par ordre alphabétique, toutes séries confondues.

 
INTERVENTION DU DESIGNER MAURILLE LARIVIERE

Le designer Maurille Larivière, co-fondateur de Sustainable design school à l’éco vallée de Nice , est intervenu dans un premier temps pour rencontrer les secondes 8, à l’auditorium le vendredi 6 décembre à 8 heures, dans le cadre de l’accompagnement personnalisé de français, sous la dynamique de leur professeur.D’autres classes de seconde et de première , à dominante option arts plastiques ont rejoint le groupe très attentif.Notre intervenant qui a ensuite rencontré le 12 décembre les terminales options arts plastiques, pour des précisions sur l’orientation post BAC, a développé les bases même du métier de designer en montrant son évolution à travers les temps, et son développement au 20 ème siècle.Il a terminé son exposé par une courte présentation de sa nouvelle école de design, ouverte dans l’éco vallée de Nice, et orientée vers le développement durable, précisant qu’une récente étude spécifiait que d’ici à 2035, 20 à 60 millions de nouveaux métiers émergeront grâce au principe de la protection de l’environnement. Pour lui donc, recyclages et matériaux jetables pourraient donc être l’avenir du nouveau design.

 
Devoir Commun de Français
Pour les élèves de seconde le 5 novembre 2013 de 8h a 9h.
 
AP 2nde 12 : Rencontre avec des avocates

Rencontre avec Caroline Blanchard-Crego et Pauline Malgras, avocates chez CAPSTAN, cabinet spécialisé en droit social.

(compte- rendu réalisé par la classe de 2nde12).

 

 

 

Caroline Blanchard-Crego et Pauline Malgras sont deux jeunes avocates. L’une a prêté serment il y a 7 ans, l’autre il y a 4 ans seulement. Elles sont collaboratrices au sein du Cabinet CAPSTAN et sont basées à Sophia- Antipolis, l’une des neuf implantations de ce cabinet spécialisé en droit social. Cette branche du droit des affaires, qui concerne les entreprises, est donc leur premier domaine d’expertise. Pour diversifier leur pratique et leur clientèle, elles exercent également à titre libéral : Caroline Blanchard-Crego dans les domaines du droit civil, du droit familial et du droit pénal ; Pauline Malgras dans celui du droit pénal pour les « petites » infractions relevant du tribunal correctionnel, où elle est notamment amenée à connaître la procédure du « plaider coupable ». Toutes deux assurent par ailleurs une «aide juridictionnelle » aux personnes à revenu modeste, aide rétribuée par les indemnités forfaitaires versées par l’Etat.

 

Le souvenir de leurs années d’études est encore frais dans leur mémoire : l’examen qui les a marquées  le plus, compte tenu de sa difficulté, est celui ouvrant l’accès à une école régionale pour devenir avocat (CRFPA) : couvrant le copieux  programme de droit des 4 années de Master 1, son taux de réussite est assez faible et avoisine à Nice les 30%. Après deux ans d’école et un examen final,  l’obtention du CAPA permet enfin de poser sa plaque d’avocat.  Nos deux invitées n’ont pas esquivé la question de Majd- Eddine : oui, la maîtrise de l’anglais est fondamentale, surtout dans le droit des affaires, et leur grand regret est de ne pas avoir étudié un an dans un pays anglo-saxon dans le cadre du programme Erasmus.

 

 

« Convaincre et persuader »

 

Ce qu’on apprend au lycée n’est pas inutile ! Connaître l’art de démontrer mais aussi celui d’ « agréer » est au cœur du métier d’avocat. Chaque « affaire » commence par la lecture d’un épais dossier dont celui- ci doit tirer des arguments afin de défendre son client. Avant de plaider, il « échange des écritures » avec le confrère de la partie adverse. Leurs arguments et contre- arguments, qu’on appelle « conclusions », sont communiqués au juge, qui fixe une date d’audience. Ainsi, la capacité à argumenter des avocats s’apprécie d’abord à l’écrit, les juges n’ayant plus le temps d’écouter de longues plaidoiries, comme on en voit parfois au cinéma. Au tribunal, dans une salle où règne un calme tout relatif, chaque avocat dispose très souvent de peu de temps pour asséner au juge, qui montre parfois des signes de fatigue, ses trois arguments les plus percutants. On a peine à croire que ces belles robes noires bordées d’hermine habillent des  gens qui, il n’y a pas si longtemps,  manquaient parfois d’assurance, voire étaient à peine audibles. A côté de Caroline, qui voulait être comédienne,  d’autres se sont lancés dans la carrière avec parfois de lourdes difficultés d’élocution. Mais les techniques enseignées à l’école, - complétées par des séances filmées ou des cours de théâtre-, et quelques mois de pratique peuvent vous métamorphoser un timide invétéré en ténor du barreau.

 

Quand vient le moment fatidique de la plaidoirie, dernière bataille à livrer, il faut jeter toutes ses forces pour faire pencher la balance de la justice du bon côté. Moment redouté s’il en est ! « Le déroulement d’une audience contient une grande part d’imprévu », dit Pauline. Tout peut arriver : un traitement de l’affaire sur le champ alors qu’on était venu demander son « renvoi » ; ou encore, l’attaque surprise du contradicteur, qui apporte des éléments inattendus auxquels il faut répondre illico par une riposte improvisée.

 

 

Imparfaite vérité

 

Pauline tord le cou à une idée reçue : non, l’avocat n’est pas un menteur ! Il doit présenter le dossier de la façon la plus favorable au client. « Notre métier, indique Caroline, n’est pas seulement de connaître la loi, mais surtout de l’interpréter en faveur de notre client ». Dès lors, il faut « casser les codes », « prendre des initiatives » et « rien n’est alors inaccessible ». Parfois, poursuit Caroline, le droit et la jurisprudence sont en faveur du dossier défendu. Dans le cas contraire, l’avocat a toujours la possibilité, en s’appuyant sur la hiérarchie des normes, de mettre en contradiction la loi française et le droit européen. Il peut aussi remettre en cause l’interprétation habituelle des juges. L’examen de certains dossiers en cours de cassation permet d’ailleurs, grâce à ce travail d’interprétation des avocats, des « revirements de jurisprudence ».

 

Aussi favorable que puisse être le dossier, Pauline avertit toujours ses clients de « l’aléa judiciaire ». Elle se souvient d’une affaire où elle était « juridiquement persuadée » d’avoir raison mais où « le juge a fait de la résistance », et lui a donné tort. Dans ce cas-là, il faut savoir accepter la parole du juge et se consoler avec l’idée que la vérité judiciaire, forcément humaine, n’est pas la vérité tout court. En particulier, une cause peut être juste mais ne pas triompher, faute de preuves. Pauline observe enfin que tous les magistrats ne jugent pas avec la même sévérité.

 

 

Les avocates du diable ?

 

Nous avions tous notre petite idée de ce qu’est un avocat. Si pour les uns, il est le défenseur des innocents, des « justes », des opprimés, beaucoup s’étonnaient ou s’indignaient a priori qu’il puisse défendre des coupables, voire des criminels. Les deux consœurs, qui s’accordent pour faire figurer au rang des premières « qualités » de l’avocat l’intérêt pour les autres et la capacité d’empathie, ont tenté de nuancer nos jugements.  Elles ont rappelé que tout un chacun a le droit d’être défendu, de voir sa position présentée au tribunal en faisant valoir des « circonstances atténuantes ».  En outre, il ne faut pas condamner trop vite sur la base de simples apparences ceux qui, selon la loi, doivent bénéficier jusqu’au bout de la présomption d’innocence. En tout cas, la principale exigence des deux avocates est que leur client soit au moins honnête avec elles. Elles peuvent refuser un dossier si elles sentent qu’on essaie de les manipuler. Un client de Pauline lui avait présenté une prétendue attestation d’un collègue, selon laquelle il avait fait des heures supplémentaires. L’attestation avait en réalité été rédigée par le client lui- même au motif que son collègue ne savait pas écrire ! Pauline, ayant vite compris la duperie, a préféré ne pas produire cette attestation aux juges.

 

 

Nos deux avocates n’ont pas démenti leur vocation, plaidant inlassablement une heure durant, répondant longuement à nos questions à la lumière de leur déjà riche expérience. Mais, comme l’explique Laura, qui « rêve d’être avocate », par leur simplicité et la justesse de leur ton, elles ont su rendre ce métier accessible et humain.

  

 
AP : Rencontre avec Emmanuelle Bourret

Rencontre avec Emmanuelle Bourret, directrice administrative et financière du Théâtre de Grasse (TDG).

 

(compte- rendu réalisé par la classe de 2nde7).

  

Le spectacle vivant vous passionne, mais vous ne vous voyez pas devenir comédien professionnel ? Vous trouverez peut-être votre voie derrière les rideaux…

 

« L’orientation professionnelle », pièce en cinq actes… 

(Acte I) Emmanuelle Bourret, lycéenne passionnée de musique et de danse, connaît l’une de ses premières émotions artistiques au Théâtre de Grasse, en assistant à une représentation de la « Flûte enchantée » de Mozart. (Acte II) Bonne élève en terminale ES, sa voie est cependant toute tracée : la prépa HEC, très éprouvante mais stimulante. Les trois années qui suivent dans une école de commerce et son début de vie professionnelle à Paris la laissent pourtant sur sa faim…(Acte III) Cherchant encore sa voie, et convaincue comme d’autres que le droit est « une très bonne formation qui mène à tout », elle passe une maîtrise de droit public, puis réussit le concours de l’Institut Régional d’Administration. Pour la suite, elle réfléchit : elle est a priori assez tentée par le ministère de l’environnement, mais celui de l’éducation ne lui déplairait pas non plus…(Acte IV) Affectée au ministère de la Culture grâce à son classement de sortie, elle apprend la comptabilité, la gestion budgétaire, devient chef de bureau…Coup de théâtre : elle quitte Paris après dix-huit années, et retourne dans le sud pour occuper un poste à la Villa Arson à Nice. (Acte V) Le Théâtre de Grasse cherche un nouveau directeur administratif et financier. De son côté, Emmanuelle Bourret n’a pas oublié ses émotions de jeunesse…La scène finale est celle de l’heureux dénouement, lorsque « l’héroïne » rencontre le directeur du théâtre, qui lui propose de rejoindre son équipe... 

 

Un numéro d’équilibriste : le budget

La Directrice Administrative et Financière (la DAF, en abrégé) tient avant tout les cordons de la bourse…Gérer le budget – et l’équilibrer ! - est en effet sa première mission.  Contrairement au théâtre privé, vivant des recettes de ses spectacles - dont les places sont généralement plus chères-, le théâtre public, qu’on peut qualifier de service public, n’est pas financièrement autonome. En ces temps de crise économique, les subventions publiques tendent d’ailleurs à diminuer ; et qui dit moins d’argent, dit moins de spectacles et moins de demandes aux créateurs de la part des théâtres. Dès lors, en fin d’année, la DAF doit compléter en un temps record de nombreux dossiers de demandes de subventions. Trois- quarts des ressources du TDG proviennent en effet de financeurs extérieurs, tels l'Etat, les conseils régional et général, la communauté d'agglomération. Le théâtre n’est pas pour autant dispensé de devoir remplir ses salles. En juin, quand s’ouvre la saison théâtrale, c’est l’effervescence. Les réservations sont ouvertes, il faut vendre !

Côté dépenses, il y a naturellement d’abord le coût des spectacles, négocié avec ceux qui les produisent ou les diffusent. Il dépend en premier lieu du nombre de comédiens sur le plateau, bien qu’une seule tête d’affiche puisse faire exploser le facture. Néanmoins, plus un spectacle coûte cher, plus le taux de remplissage escompté est élevé et plus les tarifs seront élevés. Si l’on ajoute les frais techniques (rémunération des techniciens du spectacle, location de matériel), le coût d’une représentation varie entre 2 000 et 15 000 euros. Autre poste de dépenses important à gérer : les salaires des 15 employés permanents du théâtre, ainsi que ceux des « travailleurs de l’ombre », ces intermittents embauchés pour prendre en charge le son, la lumière, et la régie plateau d’un spectacle. 

 

Tous les jours, une performance individuelle et collective…

Un administrateur doit posséder deux qualités complémentaires : s’il ne veut pas être rapidement débordé, il doit être capable de planifier et d’anticiper. En effet, des imprévus surgissent constamment  et il doit alors se montrer réactif, « carré » et rigoureux sans se laisser impressionner par les problèmes de tous ordres qu’il faut résoudre à très court terme et qui obligent d’ailleurs à une grande polyvalence.  « Quand on fait de la gestion, on est comme un pompier ». Emmanuelle Bourret  ne passe pas ses journées  à étudier des tableaux de chiffres sur un ordinateur ou à faire des contrats de travail. Par exemple, cet après-midi, elle a une réunion avec son directeur à propos du « Festival des musiques sacrées du monde », qui débute bientôt. Demain, réunion avec sa comptable pour étudier la trésorerie du théâtre, qui connaît parfois des ruptures. Jeudi, conférence de presse pour le festival précité en présence du maire de Grasse et de « toute l’équipe » du théâtre, avec ses différents métiers : l’administration ; la technique ; les relations avec le public ; mais aussi la direction artistique. Au TDG, cette dernière est assurée par son directeur, qui sillonne la France et va même au-delà des frontières pour dénicher les spectacles les plus magiques.

 

Côtoyer le haut de l’affiche : une nécessité quasi quotidienne !

Travailler au théâtre offre un privilège : Emmanuelle Bourret assiste à tous les spectacles (30 par saison), ce qui l’amène à être de sortie au moins une fois par semaine. Théâtre, musique, mais aussi danse et « nouveau cirque » - grâce à une subvention accordée par le Ministère de la Culture -, le programme est volontairement pluridisciplinaire et s’adresse à tous les publics, dont celui de notre lycée, dont le TDG est partenaire pour l’enseignement du théâtre aux étudiants de khâgne et d’hypokhâgne.

Il faudrait aussi évoquer les multiples actions éducatives et culturelles engagées par le théâtre et que l’on découvre en parcourant son programme à la couleur pimpante rose fuchsia. Mais comment ne pas remarquer, dans ce dernier, toutes les belles têtes d’affiches que le TDG a conviées à venir se produire ? Jean-Louis Trintignant, Dominique Pinon, Bruno Solo, Sophia Aram, Jacques Gamblin, Dominique Blanc…Car le théâtre, même en coulisses, c’est aussi des histoires de rencontres, un monde passionnant où l’art se trouve placé au cœur de la vie de la Cité ;  si l’on y fait rarement fortune, on y vit au centuple !  

 
Rencontre avec Roland D’Authier

Rencontre avec Roland D’Authier, président de la société AXUN, spécialisée dans l’énergie photovoltaïque

(compte-rendu réalisé par la classe de 2nde7).

 

 

                Aujourd’hui, certains ont bien compris que le soleil constitue une source précieuse et renouvelable d’énergie dans un monde toujours menacé d’en manquer, et qu’il n’y a pas que les agriculteurs qui peuvent en tirer profit…

 

 

« Ceux qui veulent se mettre à leur compte, levez la main ! ».

 

            Dans la classe, seuls deux « courageux » se manifestent. A notre âge, Roland D’Authier n’aurait pourtant pas hésité une seconde. Cet ingénieur en électronique, issu de la promotion 1997 de Polytech- Sophia Antipolis, a malgré tout dû patienter 10 ans et occuper au préalable différents postes dans une grosse PME (« petite et moyenne entreprise »), ce qui lui a appris à être polyvalent.

 

            Sa plus belle réussite personnelle, nous dit- il, c’est d’avoir pris la décision, en 2006, après deux mois d’insomnie, de quitter cette place en or pour réaliser son ambition. Son employeur lui accorde un mi- temps bien rémunéré pendant six mois pour l’aider à démarrer, et investit  dans la jeune société, baptisée Axun. Pendant deux ans, sept jours sur sept, Roland D’Authier travaille d’arrache-pied. Les résultats ne se font pas attendre : au bout d’un an à peine, Axun est déjà bénéficiaire. Le chef d’entreprise s’amuse à nous raconter ses déménagements : d’abord installé dans sa cave, il occupe ensuite un Algeco sur le parking de son ancienne entreprise, embauchant alors son premier salarié. Après un passage dans le grenier de son beau- père, il emménage finalement en 2012, dans un bâtiment à Sophia- Antipolis doté de 1000 m2 de rutilants panneaux solaires. Cette réussite, il la doit aussi au « Réseau Entreprendre », un réseau d’entraide entre chefs d’entreprises qui, en 2007- 2008, lui a offert un conseiller bénévole. Désormais, c’est en tant que formateur qu’il intervient dans ce réseau.

 

 

Tout axer sur le soleil

 

            Axun, société par actions simplifiée (SAS) dont R. D’Authier possède 70% des parts, opère sur un double créneau : la distribution de panneaux solaires (qui servent à capter l’énergie) à des entreprises de plomberie et d’électronique ; la vente d’onduleurs (qui convertissent l’énergie solaire en courant) à EDF- GDF et l’ingénierie de ces appareils très techniques. L’entreprise a ouvert des antennes en Angleterre et en Italie, pays dans lesquels la concurrence peut s’exercer librement. A l’inverse, en France, les prix du photovoltaïque semblent plus élevés car le nucléaire, principale source d’énergie électrique (80%), est largement subventionné.

 

            Dépendante « à 100% » des politiques publiques d’aide à la filière photovoltaïque, l’activité d’Axun a donc tendance à « faire le yoyo ». Dès lors, sa priorité est de parvenir à réguler les ventes. Petite structure, sans gros frais, l’entreprise peut se contenter de faibles marges, et donc pratiquer des prix peu élevés.  Les fournisseurs sont considérés comme des partenaires privilégiés, par les délais de paiement qu’ils accordent.

 

Aujourd’hui, Axun emploie 7 salariés à durée indéterminée (CDI). Qu’ils soient ingénieur,  magasinier, secrétaire ou cadre technico-commercial, ils maîtrisent tous l’anglais, car les fournisseurs sont majoritairement étrangers. Des salariés supplémentaires peuvent être embauchés pour des durées de deux ans en moyenne, lorsque de nouveaux contrats sont signés. Interrogé sur la délicate question de son salaire, notre chef d’entreprise se contente de répondre qu’il prélève chaque année une partie du bénéfice réalisé, ce qui lui donne une vision sur la durée du développement de l’entreprise.

 

 

De l’énergie à revendre.

 

            « C’est sans doute un des métiers les plus durs et les plus stressants. Il est aussi risqué financièrement » annonce d’emblée R. D’Authier. Son métier, ce n’est pas seulement la direction d’entreprise : il met aussi la main à la pâte, partageant les tâches de ses salariés, de l’électronique jusqu’à la confection de palettes. Malgré de longues journées, un week-end réduit de moitié, des semaines rythmées par des rendez- vous à la chaîne et des déplacements à l’étranger, c’est avec enthousiasme qu’il part travailler. Constatant l’image malheureusement déplorable du patronat auprès de l’opinion publique, il ne cache pas son amertume : quel rapport entre le chef d’entreprise qui .se bat au quotidien pour rester à flot et créer de l’activité ainsi que des emplois en France, et le grand PDG de multinationale en costume trois pièces, qui peut se reposer sur des collaborateurs ultra-compétents ? Dans une PME, on n’a pas le droit de s’arrêter de travailler. R. D’Authier est conscient qu’aujourd’hui, les chefs d’entreprises sont en position de force, compte tenu du niveau élevé du chômage. Mais ils devraient toujours, selon lui, respecter les « piliers » de la motivation de leurs salariés : l’envie de travailler pour un patron, l’intérêt et la variété de la tâche à accomplir et, enfin, le salaire. A priori, nous sommes tous d’accord !

 

 

De nouveaux horizons.

 

            Comme on pouvait s’y attendre, R. D’Authier parie sur la « troisième » révolution industrielle et sur les énergies renouvelables. Mais selon lui, il faudra bien deux générations pour qu’émergent de « nouveaux décideurs » indépendants des lobbies pétroliers. Quand ce moment sera arrivé, il en est convaincu, on construira suffisamment de panneaux solaires pour couvrir une surface équivalente à 400 km sur 400 km, surface qui permettra de fournir de l’énergie pour toute la planète. Il y aura du nouveau sous le soleil !

 
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