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INTERVENTION DU DESIGNER MAURILLE LARIVIERE

Le designer Maurille Larivière, co-fondateur de Sustainable design school à l’éco vallée de Nice , est intervenu dans un premier temps pour rencontrer les secondes 8, à l’auditorium le vendredi 6 décembre à 8 heures, dans le cadre de l’accompagnement personnalisé de français, sous la dynamique de leur professeur.D’autres classes de seconde et de première , à dominante option arts plastiques ont rejoint le groupe très attentif.Notre intervenant qui a ensuite rencontré le 12 décembre les terminales options arts plastiques, pour des précisions sur l’orientation post BAC, a développé les bases même du métier de designer en montrant son évolution à travers les temps, et son développement au 20 ème siècle.Il a terminé son exposé par une courte présentation de sa nouvelle école de design, ouverte dans l’éco vallée de Nice, et orientée vers le développement durable, précisant qu’une récente étude spécifiait que d’ici à 2035, 20 à 60 millions de nouveaux métiers émergeront grâce au principe de la protection de l’environnement. Pour lui donc, recyclages et matériaux jetables pourraient donc être l’avenir du nouveau design.

 
Devoir Commun de Français
Pour les élèves de seconde le 5 novembre 2013 de 8h a 9h.
 
AP 2nde 12 : Rencontre avec des avocates

Rencontre avec Caroline Blanchard-Crego et Pauline Malgras, avocates chez CAPSTAN, cabinet spécialisé en droit social.

(compte- rendu réalisé par la classe de 2nde12).

 

 

 

Caroline Blanchard-Crego et Pauline Malgras sont deux jeunes avocates. L’une a prêté serment il y a 7 ans, l’autre il y a 4 ans seulement. Elles sont collaboratrices au sein du Cabinet CAPSTAN et sont basées à Sophia- Antipolis, l’une des neuf implantations de ce cabinet spécialisé en droit social. Cette branche du droit des affaires, qui concerne les entreprises, est donc leur premier domaine d’expertise. Pour diversifier leur pratique et leur clientèle, elles exercent également à titre libéral : Caroline Blanchard-Crego dans les domaines du droit civil, du droit familial et du droit pénal ; Pauline Malgras dans celui du droit pénal pour les « petites » infractions relevant du tribunal correctionnel, où elle est notamment amenée à connaître la procédure du « plaider coupable ». Toutes deux assurent par ailleurs une «aide juridictionnelle » aux personnes à revenu modeste, aide rétribuée par les indemnités forfaitaires versées par l’Etat.

 

Le souvenir de leurs années d’études est encore frais dans leur mémoire : l’examen qui les a marquées  le plus, compte tenu de sa difficulté, est celui ouvrant l’accès à une école régionale pour devenir avocat (CRFPA) : couvrant le copieux  programme de droit des 4 années de Master 1, son taux de réussite est assez faible et avoisine à Nice les 30%. Après deux ans d’école et un examen final,  l’obtention du CAPA permet enfin de poser sa plaque d’avocat.  Nos deux invitées n’ont pas esquivé la question de Majd- Eddine : oui, la maîtrise de l’anglais est fondamentale, surtout dans le droit des affaires, et leur grand regret est de ne pas avoir étudié un an dans un pays anglo-saxon dans le cadre du programme Erasmus.

 

 

« Convaincre et persuader »

 

Ce qu’on apprend au lycée n’est pas inutile ! Connaître l’art de démontrer mais aussi celui d’ « agréer » est au cœur du métier d’avocat. Chaque « affaire » commence par la lecture d’un épais dossier dont celui- ci doit tirer des arguments afin de défendre son client. Avant de plaider, il « échange des écritures » avec le confrère de la partie adverse. Leurs arguments et contre- arguments, qu’on appelle « conclusions », sont communiqués au juge, qui fixe une date d’audience. Ainsi, la capacité à argumenter des avocats s’apprécie d’abord à l’écrit, les juges n’ayant plus le temps d’écouter de longues plaidoiries, comme on en voit parfois au cinéma. Au tribunal, dans une salle où règne un calme tout relatif, chaque avocat dispose très souvent de peu de temps pour asséner au juge, qui montre parfois des signes de fatigue, ses trois arguments les plus percutants. On a peine à croire que ces belles robes noires bordées d’hermine habillent des  gens qui, il n’y a pas si longtemps,  manquaient parfois d’assurance, voire étaient à peine audibles. A côté de Caroline, qui voulait être comédienne,  d’autres se sont lancés dans la carrière avec parfois de lourdes difficultés d’élocution. Mais les techniques enseignées à l’école, - complétées par des séances filmées ou des cours de théâtre-, et quelques mois de pratique peuvent vous métamorphoser un timide invétéré en ténor du barreau.

 

Quand vient le moment fatidique de la plaidoirie, dernière bataille à livrer, il faut jeter toutes ses forces pour faire pencher la balance de la justice du bon côté. Moment redouté s’il en est ! « Le déroulement d’une audience contient une grande part d’imprévu », dit Pauline. Tout peut arriver : un traitement de l’affaire sur le champ alors qu’on était venu demander son « renvoi » ; ou encore, l’attaque surprise du contradicteur, qui apporte des éléments inattendus auxquels il faut répondre illico par une riposte improvisée.

 

 

Imparfaite vérité

 

Pauline tord le cou à une idée reçue : non, l’avocat n’est pas un menteur ! Il doit présenter le dossier de la façon la plus favorable au client. « Notre métier, indique Caroline, n’est pas seulement de connaître la loi, mais surtout de l’interpréter en faveur de notre client ». Dès lors, il faut « casser les codes », « prendre des initiatives » et « rien n’est alors inaccessible ». Parfois, poursuit Caroline, le droit et la jurisprudence sont en faveur du dossier défendu. Dans le cas contraire, l’avocat a toujours la possibilité, en s’appuyant sur la hiérarchie des normes, de mettre en contradiction la loi française et le droit européen. Il peut aussi remettre en cause l’interprétation habituelle des juges. L’examen de certains dossiers en cours de cassation permet d’ailleurs, grâce à ce travail d’interprétation des avocats, des « revirements de jurisprudence ».

 

Aussi favorable que puisse être le dossier, Pauline avertit toujours ses clients de « l’aléa judiciaire ». Elle se souvient d’une affaire où elle était « juridiquement persuadée » d’avoir raison mais où « le juge a fait de la résistance », et lui a donné tort. Dans ce cas-là, il faut savoir accepter la parole du juge et se consoler avec l’idée que la vérité judiciaire, forcément humaine, n’est pas la vérité tout court. En particulier, une cause peut être juste mais ne pas triompher, faute de preuves. Pauline observe enfin que tous les magistrats ne jugent pas avec la même sévérité.

 

 

Les avocates du diable ?

 

Nous avions tous notre petite idée de ce qu’est un avocat. Si pour les uns, il est le défenseur des innocents, des « justes », des opprimés, beaucoup s’étonnaient ou s’indignaient a priori qu’il puisse défendre des coupables, voire des criminels. Les deux consœurs, qui s’accordent pour faire figurer au rang des premières « qualités » de l’avocat l’intérêt pour les autres et la capacité d’empathie, ont tenté de nuancer nos jugements.  Elles ont rappelé que tout un chacun a le droit d’être défendu, de voir sa position présentée au tribunal en faisant valoir des « circonstances atténuantes ».  En outre, il ne faut pas condamner trop vite sur la base de simples apparences ceux qui, selon la loi, doivent bénéficier jusqu’au bout de la présomption d’innocence. En tout cas, la principale exigence des deux avocates est que leur client soit au moins honnête avec elles. Elles peuvent refuser un dossier si elles sentent qu’on essaie de les manipuler. Un client de Pauline lui avait présenté une prétendue attestation d’un collègue, selon laquelle il avait fait des heures supplémentaires. L’attestation avait en réalité été rédigée par le client lui- même au motif que son collègue ne savait pas écrire ! Pauline, ayant vite compris la duperie, a préféré ne pas produire cette attestation aux juges.

 

 

Nos deux avocates n’ont pas démenti leur vocation, plaidant inlassablement une heure durant, répondant longuement à nos questions à la lumière de leur déjà riche expérience. Mais, comme l’explique Laura, qui « rêve d’être avocate », par leur simplicité et la justesse de leur ton, elles ont su rendre ce métier accessible et humain.

  

 
AP : Rencontre avec Emmanuelle Bourret

Rencontre avec Emmanuelle Bourret, directrice administrative et financière du Théâtre de Grasse (TDG).

 

(compte- rendu réalisé par la classe de 2nde7).

  

Le spectacle vivant vous passionne, mais vous ne vous voyez pas devenir comédien professionnel ? Vous trouverez peut-être votre voie derrière les rideaux…

 

« L’orientation professionnelle », pièce en cinq actes… 

(Acte I) Emmanuelle Bourret, lycéenne passionnée de musique et de danse, connaît l’une de ses premières émotions artistiques au Théâtre de Grasse, en assistant à une représentation de la « Flûte enchantée » de Mozart. (Acte II) Bonne élève en terminale ES, sa voie est cependant toute tracée : la prépa HEC, très éprouvante mais stimulante. Les trois années qui suivent dans une école de commerce et son début de vie professionnelle à Paris la laissent pourtant sur sa faim…(Acte III) Cherchant encore sa voie, et convaincue comme d’autres que le droit est « une très bonne formation qui mène à tout », elle passe une maîtrise de droit public, puis réussit le concours de l’Institut Régional d’Administration. Pour la suite, elle réfléchit : elle est a priori assez tentée par le ministère de l’environnement, mais celui de l’éducation ne lui déplairait pas non plus…(Acte IV) Affectée au ministère de la Culture grâce à son classement de sortie, elle apprend la comptabilité, la gestion budgétaire, devient chef de bureau…Coup de théâtre : elle quitte Paris après dix-huit années, et retourne dans le sud pour occuper un poste à la Villa Arson à Nice. (Acte V) Le Théâtre de Grasse cherche un nouveau directeur administratif et financier. De son côté, Emmanuelle Bourret n’a pas oublié ses émotions de jeunesse…La scène finale est celle de l’heureux dénouement, lorsque « l’héroïne » rencontre le directeur du théâtre, qui lui propose de rejoindre son équipe... 

 

Un numéro d’équilibriste : le budget

La Directrice Administrative et Financière (la DAF, en abrégé) tient avant tout les cordons de la bourse…Gérer le budget – et l’équilibrer ! - est en effet sa première mission.  Contrairement au théâtre privé, vivant des recettes de ses spectacles - dont les places sont généralement plus chères-, le théâtre public, qu’on peut qualifier de service public, n’est pas financièrement autonome. En ces temps de crise économique, les subventions publiques tendent d’ailleurs à diminuer ; et qui dit moins d’argent, dit moins de spectacles et moins de demandes aux créateurs de la part des théâtres. Dès lors, en fin d’année, la DAF doit compléter en un temps record de nombreux dossiers de demandes de subventions. Trois- quarts des ressources du TDG proviennent en effet de financeurs extérieurs, tels l'Etat, les conseils régional et général, la communauté d'agglomération. Le théâtre n’est pas pour autant dispensé de devoir remplir ses salles. En juin, quand s’ouvre la saison théâtrale, c’est l’effervescence. Les réservations sont ouvertes, il faut vendre !

Côté dépenses, il y a naturellement d’abord le coût des spectacles, négocié avec ceux qui les produisent ou les diffusent. Il dépend en premier lieu du nombre de comédiens sur le plateau, bien qu’une seule tête d’affiche puisse faire exploser le facture. Néanmoins, plus un spectacle coûte cher, plus le taux de remplissage escompté est élevé et plus les tarifs seront élevés. Si l’on ajoute les frais techniques (rémunération des techniciens du spectacle, location de matériel), le coût d’une représentation varie entre 2 000 et 15 000 euros. Autre poste de dépenses important à gérer : les salaires des 15 employés permanents du théâtre, ainsi que ceux des « travailleurs de l’ombre », ces intermittents embauchés pour prendre en charge le son, la lumière, et la régie plateau d’un spectacle. 

 

Tous les jours, une performance individuelle et collective…

Un administrateur doit posséder deux qualités complémentaires : s’il ne veut pas être rapidement débordé, il doit être capable de planifier et d’anticiper. En effet, des imprévus surgissent constamment  et il doit alors se montrer réactif, « carré » et rigoureux sans se laisser impressionner par les problèmes de tous ordres qu’il faut résoudre à très court terme et qui obligent d’ailleurs à une grande polyvalence.  « Quand on fait de la gestion, on est comme un pompier ». Emmanuelle Bourret  ne passe pas ses journées  à étudier des tableaux de chiffres sur un ordinateur ou à faire des contrats de travail. Par exemple, cet après-midi, elle a une réunion avec son directeur à propos du « Festival des musiques sacrées du monde », qui débute bientôt. Demain, réunion avec sa comptable pour étudier la trésorerie du théâtre, qui connaît parfois des ruptures. Jeudi, conférence de presse pour le festival précité en présence du maire de Grasse et de « toute l’équipe » du théâtre, avec ses différents métiers : l’administration ; la technique ; les relations avec le public ; mais aussi la direction artistique. Au TDG, cette dernière est assurée par son directeur, qui sillonne la France et va même au-delà des frontières pour dénicher les spectacles les plus magiques.

 

Côtoyer le haut de l’affiche : une nécessité quasi quotidienne !

Travailler au théâtre offre un privilège : Emmanuelle Bourret assiste à tous les spectacles (30 par saison), ce qui l’amène à être de sortie au moins une fois par semaine. Théâtre, musique, mais aussi danse et « nouveau cirque » - grâce à une subvention accordée par le Ministère de la Culture -, le programme est volontairement pluridisciplinaire et s’adresse à tous les publics, dont celui de notre lycée, dont le TDG est partenaire pour l’enseignement du théâtre aux étudiants de khâgne et d’hypokhâgne.

Il faudrait aussi évoquer les multiples actions éducatives et culturelles engagées par le théâtre et que l’on découvre en parcourant son programme à la couleur pimpante rose fuchsia. Mais comment ne pas remarquer, dans ce dernier, toutes les belles têtes d’affiches que le TDG a conviées à venir se produire ? Jean-Louis Trintignant, Dominique Pinon, Bruno Solo, Sophia Aram, Jacques Gamblin, Dominique Blanc…Car le théâtre, même en coulisses, c’est aussi des histoires de rencontres, un monde passionnant où l’art se trouve placé au cœur de la vie de la Cité ;  si l’on y fait rarement fortune, on y vit au centuple !  

 
Rencontre avec Roland D’Authier

Rencontre avec Roland D’Authier, président de la société AXUN, spécialisée dans l’énergie photovoltaïque

(compte-rendu réalisé par la classe de 2nde7).

 

 

                Aujourd’hui, certains ont bien compris que le soleil constitue une source précieuse et renouvelable d’énergie dans un monde toujours menacé d’en manquer, et qu’il n’y a pas que les agriculteurs qui peuvent en tirer profit…

 

 

« Ceux qui veulent se mettre à leur compte, levez la main ! ».

 

            Dans la classe, seuls deux « courageux » se manifestent. A notre âge, Roland D’Authier n’aurait pourtant pas hésité une seconde. Cet ingénieur en électronique, issu de la promotion 1997 de Polytech- Sophia Antipolis, a malgré tout dû patienter 10 ans et occuper au préalable différents postes dans une grosse PME (« petite et moyenne entreprise »), ce qui lui a appris à être polyvalent.

 

            Sa plus belle réussite personnelle, nous dit- il, c’est d’avoir pris la décision, en 2006, après deux mois d’insomnie, de quitter cette place en or pour réaliser son ambition. Son employeur lui accorde un mi- temps bien rémunéré pendant six mois pour l’aider à démarrer, et investit  dans la jeune société, baptisée Axun. Pendant deux ans, sept jours sur sept, Roland D’Authier travaille d’arrache-pied. Les résultats ne se font pas attendre : au bout d’un an à peine, Axun est déjà bénéficiaire. Le chef d’entreprise s’amuse à nous raconter ses déménagements : d’abord installé dans sa cave, il occupe ensuite un Algeco sur le parking de son ancienne entreprise, embauchant alors son premier salarié. Après un passage dans le grenier de son beau- père, il emménage finalement en 2012, dans un bâtiment à Sophia- Antipolis doté de 1000 m2 de rutilants panneaux solaires. Cette réussite, il la doit aussi au « Réseau Entreprendre », un réseau d’entraide entre chefs d’entreprises qui, en 2007- 2008, lui a offert un conseiller bénévole. Désormais, c’est en tant que formateur qu’il intervient dans ce réseau.

 

 

Tout axer sur le soleil

 

            Axun, société par actions simplifiée (SAS) dont R. D’Authier possède 70% des parts, opère sur un double créneau : la distribution de panneaux solaires (qui servent à capter l’énergie) à des entreprises de plomberie et d’électronique ; la vente d’onduleurs (qui convertissent l’énergie solaire en courant) à EDF- GDF et l’ingénierie de ces appareils très techniques. L’entreprise a ouvert des antennes en Angleterre et en Italie, pays dans lesquels la concurrence peut s’exercer librement. A l’inverse, en France, les prix du photovoltaïque semblent plus élevés car le nucléaire, principale source d’énergie électrique (80%), est largement subventionné.

 

            Dépendante « à 100% » des politiques publiques d’aide à la filière photovoltaïque, l’activité d’Axun a donc tendance à « faire le yoyo ». Dès lors, sa priorité est de parvenir à réguler les ventes. Petite structure, sans gros frais, l’entreprise peut se contenter de faibles marges, et donc pratiquer des prix peu élevés.  Les fournisseurs sont considérés comme des partenaires privilégiés, par les délais de paiement qu’ils accordent.

 

Aujourd’hui, Axun emploie 7 salariés à durée indéterminée (CDI). Qu’ils soient ingénieur,  magasinier, secrétaire ou cadre technico-commercial, ils maîtrisent tous l’anglais, car les fournisseurs sont majoritairement étrangers. Des salariés supplémentaires peuvent être embauchés pour des durées de deux ans en moyenne, lorsque de nouveaux contrats sont signés. Interrogé sur la délicate question de son salaire, notre chef d’entreprise se contente de répondre qu’il prélève chaque année une partie du bénéfice réalisé, ce qui lui donne une vision sur la durée du développement de l’entreprise.

 

 

De l’énergie à revendre.

 

            « C’est sans doute un des métiers les plus durs et les plus stressants. Il est aussi risqué financièrement » annonce d’emblée R. D’Authier. Son métier, ce n’est pas seulement la direction d’entreprise : il met aussi la main à la pâte, partageant les tâches de ses salariés, de l’électronique jusqu’à la confection de palettes. Malgré de longues journées, un week-end réduit de moitié, des semaines rythmées par des rendez- vous à la chaîne et des déplacements à l’étranger, c’est avec enthousiasme qu’il part travailler. Constatant l’image malheureusement déplorable du patronat auprès de l’opinion publique, il ne cache pas son amertume : quel rapport entre le chef d’entreprise qui .se bat au quotidien pour rester à flot et créer de l’activité ainsi que des emplois en France, et le grand PDG de multinationale en costume trois pièces, qui peut se reposer sur des collaborateurs ultra-compétents ? Dans une PME, on n’a pas le droit de s’arrêter de travailler. R. D’Authier est conscient qu’aujourd’hui, les chefs d’entreprises sont en position de force, compte tenu du niveau élevé du chômage. Mais ils devraient toujours, selon lui, respecter les « piliers » de la motivation de leurs salariés : l’envie de travailler pour un patron, l’intérêt et la variété de la tâche à accomplir et, enfin, le salaire. A priori, nous sommes tous d’accord !

 

 

De nouveaux horizons.

 

            Comme on pouvait s’y attendre, R. D’Authier parie sur la « troisième » révolution industrielle et sur les énergies renouvelables. Mais selon lui, il faudra bien deux générations pour qu’émergent de « nouveaux décideurs » indépendants des lobbies pétroliers. Quand ce moment sera arrivé, il en est convaincu, on construira suffisamment de panneaux solaires pour couvrir une surface équivalente à 400 km sur 400 km, surface qui permettra de fournir de l’énergie pour toute la planète. Il y aura du nouveau sous le soleil !

 
Rencontre avec Carine Aymard

Rencontre avec Carine Aymard, commissaire- priseur associée à Cannes- Enchères.

(compte- rendu réalisé par la classe de 2nde7).

 

 

Qui n'a pas rêvé de tomber, au hasard d’une flânerie dans quelque obscure salle de vente, sur un objet étrange, bijou fascinant ou trésor fabuleux qui nous parle à l’oreille d’un passé qui n’est plus ? Cette plongée dans le monde mystérieux de la poésie des choses ramène à la surface un peu trop lisse de notre époque des vestiges parvenus on ne sait comment à résister au temps. Rebutés par les uns, qui les considèrent au mieux comme une possibilité inattendue de gain, « encombrants » pour les autres, qui voulaient faire table rase de leurs souvenirs surannés et prendre un nouveau départ, ils ont pour qui sait les voir un charme incomparable et subtil.

 

Dans le cadre de l’Accompagnement personnalisé, la classe de 2nde7 a rencontré Carine Aymard, commissaire-priseur associée à Cannes-Enchères. Cette jeune femme recherchait un métier lié à l’art. Après six années d’études, des examens d’aptitude et l’expérience acquise en tant que clerc, elle est depuis 2 ans commissaire- priseur, pratiquant la vente volontaire (80 % de son activité) et judiciaire. Arriver à ce poste convoité est un véritable parcours du combattant : d’abord, pour présenter l’examen de commissaire-priseur, il faut suivre un double cursus en droit et en art (bac + 5) ou avoir effectué sept années de cléricature. Une fois cette étape franchie, les candidats effectuent un stage de deux ans assorti de deux nouveaux examens. Ils sont alors habilités à effectuer des ventes d’objets et meubles confiés par des particuliers qu’on appelle « vente volontaire ». Un autre examen d’aptitude permet de diriger des ventes sous l’autorité du ministère de la justice, dites « judiciaires », suite par exemple à des successions ou des mises sous tutelles.

 

 Les enchères : de la machine à laver au buste de Rodin.

 

Un commissaire- priseur n'a pas seulement à vendre. Il est d’abord un expert. À ce titre, il est chargé d’authentifier les objets qui peuvent être vendus. Le jeudi est la journée d’expertise de C. Aymard : les particuliers lui apportent des objets, des photos et, après un examen minutieux et quelques recherches, elle établit un mandat de vente et propose une première estimation. Les objets pourront alors être vendus dans une vente courante, le mardi, ou dans une vente à thème. Le commissaire-priseur est rémunéré par des commissions qu’il touche sur la vente, mais aussi sur l’achat des objets. L’aspect rémunérateur n’est pas indifférent à notre commissaire-priseur qui voulait un métier artistique, mais aussi « rentable ». Les objets vendus aux enchères couvrent un large empan spatial et temporel. Ils requièrent donc de vastes connaissances et le recours à un expert est indispensable pour estimer des articles aussi délicats que des céramiques chinoises du 4è siècle. Quelle joie de découvrir certains objets, ayant miraculeusement traversé le temps intacts — telle une fine de cognac à 5 000 euros ou une malle Vuitton ayant voyagé sur les paquebots dans les « folles » années 20 ! Les connaissances de C. Aymard se sont affinées au fil du temps : elle est désormais plus à même de distinguer un vrai d’un faux bien imité, de discerner ce qui a été restauré de l’objet encore « dans son jus ». « Mais, ajoute-t-elle, les pièges sont très nombreux ». Qu’a-t-on le droit de vendre ? Les questions de la classe n’ont pas manqué, des tableaux faux aux animaux morts, vivants... Notre commissaire n’a pas pu vendre la tête réduite d’un homme décapité par des Mohicans au 19è siècle !

 

« Drouot ».

Lors des enchères hebdomadaires, le lundi, les objets présentés au public sont très hétéroclites. Dans une salle remplie de brocanteurs et d’habitués, où « bourdonne une foule fiévreuse et impatiente », le commissaire-priseur donne de la voix, « fait l’article », mène rondement les enchères, enchérit au besoin, le téléphone en main, pour un client lointain, tout en freinant les « acheteurs compulsifs », mauvais payeurs qui vont compliquer son travail. Bientôt la vente bat son plein, les mains se lèvent, certains acheteurs se contentant de petits signes voire de simples hochements de tête et c’est au commissaire-priseur d’interpréter justement ces « codes ». Le spectacle est dans la salle, avec les « mauvais joueurs » qui tentent d’intimider le voisin qui enchérit, les frictions... « On est un peu au théâtre », reconnaît C. Aymard. L’atmosphère est plus feutrée dans les ventes à thème, auxquelles assiste un public de spécialistes. Les prix peuvent alors monter. C. Aymard se souvient de la vente d’un tableau de Nicolas de Staël, envolé à 400 000 euros et, plus récemment, d’un bronze de Rodin raflé à 310 000 euros.

 

Le revers de la médaille.

Mais lorsqu’on est propriétaire-associé d’une étude, la tâche est lourde et les responsabilités parfois écrasantes. Cannes-Enchères, ce sont sept personnes : trois associés-propriétaires, une secrétaire, deux clercs, un garçon de salle. Ce sont aussi 70 ventes par an, 500 objets par vente, beaucoup, beaucoup d’inventaires et des journées de 10 à 15 h. Financièrement, les dépenses de fonctionnement (coût des catalogues, de la publicité, du stockage…) s’élèvent à 1 million d’euros par an – plusieurs millions dans d’autres études- tandis que les associés doivent par ailleurs rembourser l’étude (de 350 000  à un ou deux millions d’euros). De son côté, la pratique judiciaire est coûteuse en temps, en procédures… et parfois en procès. Tout cela n’a pas empêché Carine Aymard de se découvrir une nouvelle passion : deux fois par an, elle organise des ventes pour la mode vintage. Elle est aussi incollable sur les marques de vêtements que sur les peintres modernes.

 

Si comme ce jeune homme en délicatesse avec la vie, vous êtes entré, plus par désœuvrement que par goût des objets dans un « cabinet » d’antiquités, attiré par « un tableau confus dans lequel toutes les œuvres humaines et divines se heurtaient », n’allez pas commettre l’irréparable. Sur un marché de l’emploi où les perspectives se réduisent comme une « peau de chagrin », il reste peut-être un espoir. En effet, inévitablement, beaucoup de commissaires-priseurs — « êtres bizarres qui servent de types aux artistes quand ils veulent représenter Moïse » — vont partir à la retraite. Si vous avez, comme Carine Aymard, le goût des objets et des gens, le sens du commerce et celui de lancer des paris, ce métier est peut-être pour vous : « Une fois, deux fois, trois fois… » ? De plus, sa dimension sociale n’est pas à négliger, et, pour ne citer qu’un exemple, le commissaire-priseur retrouve les aspects les plus sombres de la « Comédie humaine » dans les cas où il doit protéger les majeurs incapables contre la rapacité de leurs proches, étant ainsi, à sa façon, le « secrétaire des mœurs » du passé, mais aussi du présent.

 
Rencontre avec Olivier Bouchara, graphiste, responsable de Bostudio à Nice.

(compte- rendu réalisé par la classe de 2nde7).

 

                Logos, brochures publicitaires, sites web …Les entreprises qui désirent publier des images et des textes sur papier ou sur Internet peuvent faire appel à un graphiste.

 

Faire rimer graphiste avec artiste.

 

            Olivier Bouchara a 40 ans. Il est graphiste depuis 18 ans. Jeune homme, il était passionné par « la vraie pub », celle de la recherche de concepts, de la création de slogans. Après un bac B (actuellement ES), il s’oriente d’abord vers la communication, mais très vite son goût du dessin le fait opter pour une école d’art en 2 ans, Artigraph.  10 ans chez Publicis lui permettent ensuite de faire ses armes : de simple exécutant, il devient successivement chef de studio, directeur artistique junior puis senior, enfin directeur de création. A 33 ans, suivi par un gros client, il crée son propre studio d’art graphique, Bostudio. Il exerce dès lors sa profession en libéral avec son salarié, comme lui directeur artistique. Si à 25 ans, il se considérait comme un artiste, à 40, il dit qu’il fait « du business ». Malgré tout, insiste-t-il, il évolue dans un univers où il peut satisfaire son envie de créer, son goût pour les belles choses.

 

 

« Concilier esthétique et contrainte commerciale »

 

 

            C’est ainsi qu’Eliott résume le métier. L’image doit contenir un « message » sur le produit ou le service offert et s’adresser à une « cible » précise. Au graphiste de le traduire, avec des mots, mais surtout avec un « style visuel » adapté. C’est cette étape d’élaboration d’une identité visuelle, en particulier d’un logo, que préfère Olivier Bouchara, même si il supervise ensuite toutes les étapes jusqu’à la fabrication de l’image.  Le graphiste nous montre quelques exemples de ses réalisations pour une marque de maillots aux allures brésiliennes. Celle- ci « communique » sur plusieurs supports : brochures publicitaires, presse féminine, lettres d’information sur la toile. Une farandole de maillots, des créatures sublimes campant dans un cadre paradisiaque. La classe est intéressée.

 

 

Un métier révolutionné par l’informatique et internet.

 

 

            Olivier Bouchara a dû adapter sa pratique aux évolutions technologiques. Dans les années quatre- vingt dix, le dessin a été remplacé par la publication assistée par ordinateur. En outre, des sites spécialisés nourrissent l’inspiration du graphiste, vendant ou louant des images qui sont ensuite retravaillées. Enfin, conséquence plus pratique de l’essor d’internet, les mails remplacent les présentations et les visites au client.

 

            Les écoles d’art et les BTS restent un passage obligé pour acquérir des compétences techniques -y compris dans les domaines de l’impression et de la fabrication- mais celles- ci se développent à travers des stages en agences de communication ou imprimeries pour citer les plus courants.  Cette technicité du métier facilite la recherche d’un premier emploi. Cependant, l’atout maître pour réussir reste, selon Olivier Bouchara, la culture générale, en particulier artistique (peinture, typographie, chromatique..), et la curiosité à l’égard des modes et des tendances, qu’il s’agisse du design à ou de la presse écrite.

 

 

Le charme discret de la (très) petite entreprise.

 

 

            S’il est facile de se lancer en indépendant - un ordinateur suffit-, il est en revanche plus difficile de trouver des clients, que l’on procède par démarchage direct des entreprises ou en répondant aux appels d’offre des collectivités.

 

            Le danger est de connaître de longues périodes d’inactivité entre des projets d’importance variable dont la réalisation dure 3 mois… ou un jour. Pour se faire une clientèle, il faut pratiquer de bons tarifs, se montrer serviable et disponible, attentif  aux exigences du client. Et si en plus, on a « la bonne main », le bouche- à- oreille fonctionne à merveille.  Notre graphiste, fort de se son expérience et d’une clientèle nationale, reçoit régulièrement des commandes, ce qui lui donne une certaine sérénité. Néanmoins, répondre à une « problématique », tenir des délais, peut générer un certain « stress ». Mais celui- ci aiguillonne la créativité.

 

            Et tant pis si certaines entreprises ne perçoivent pas le métier de graphiste à sa juste valeur, pensant qu’il suffit de télécharger des ressources prêtes à l’emploi sur la toile. Non, le talent n’est pas à la portée d’une souris! 

 
Rencontre avec M. de Pelagey

Rencontre avec Jean- Raphaël de Pelagey, conseiller Energie à l’Espace Info-Energie du bassin cannois, le mercredi 11 avril.

(Compte- rendu réalisé par la classe de 2nde6)

 

 

 

A 35 ans, Jean- Raphaël de Pelagey est l’un des 500 « conseillers Energie » opérant en France.  Basé dans un « espace info énergie », il propose aux particuliers, aux petites entreprises et aux communes des moyens de mieux maîtriser leur consommation d’énergie, tout en les incitant à recourir aux ressources renouvelables quand cela est pertinent.  Après avoir créé l’Espace Info-Energie de Viry- Chatillon, dans l’Essonne, où il a été conseiller pendant 4 ans, il est depuis 6 mois rattaché au CSIL, Conseil Scientifique des Iles de Lérins, association vouée à la sauvegarde des milieux méditerranéens. Le poste qu’il occupe actuellement est financé à parts égales par l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), la Région PACA, les villes de Cannes, Le Cannet et Mandelieu et, enfin,  par des ressources internes (conférences, animations...). Le conseiller reçoit le public dans son bureau, son statut associatif lui interdisant toute activité de démarchage. Ses conseils sont gratuits et indépendants de tout intérêt privé. Ils  portent essentiellement sur l’habitat : efficacité énergétique, pré- diagnostic thermique, aide au choix et analyse des matériaux d’isolation tels que la paille, le chanvre, le polystyrène etc., étude d’installation d’un chauffage lié à l’énergie solaire ou géothermique ; il peut également trouver des solutions pour réduire la facture énergétique globale des copropriétés. A ses compétences techniques s’ajoute la connaissance des évolutions en matière législative. Il doit aussi rédiger des dossiers d’aide à la décision et contribuer à alimenter le site de l’ADEME sur des thèmes techniques.

Un voyage formateur

Après son bac, J- R de Pelagey s’est dirigé vers des études de géographie et d’océanographie à la Sorbonne. C’est dans le cadre d’un échange universitaire avec le Québec –région du Canada parvenue à une quasi- autonomie de production d’énergie électrique grâce à ses fleuves et à ses lacs (97%) et à l’éolien -, qu’il découvre sa vocation. Il choisit la filière des sciences de l’environnement et ses nombreux stages de terrain en hydrologie et en géologie lui procurent « 360° d’ouverture ». De retour dans l’Hexagone,  titulaire d’une maîtrise en environnement, il travaille dans l’animation scientifique pendant 4 ans, appréciant particulièrement le contact avec les publics scolaires.  C’est ce qu’il appelle être entré « par la petite porte ».

Les énergies naturelles

Tout en évoquant les nombreuses sources d’énergie existantes, il  ouvre les rideaux et éteint les ampoules électriques de la salle audiovisuelle où nous nous trouvons : « rien ne vaut le soleil ! » A l’avenir, tous les établissements scolaires utiliseront l’énergie solaire photovoltaïque ou thermique, mais aussi les « puits de lumière » venant des toits. Mais en France, 75% de l’énergie électrique est produite actuellement par le parc nucléaire et seulement 15% par le renouvelable. Selon J- R de Pelagey, il faut dès aujourd’hui développer des énergies alternatives ou complémentaires au nucléaire tout en maitrisant notre consommation énergétique. Il préconise de consommer autant que possible l’énergie produite localement.

L’effet colibri

Autre sujet qui tient à cœur à J- R de Pelagey : la pollution. Mais à quoi bon avoir une démarche écologique si d’autres pays polluent la terre, lui objectons- nous ? Il met en avant « l’effet colibri », ainsi nommé en référence à un conte amérindien : lorsque la forêt brûle, seul parmi tous les animaux, le colibri, qui avec des allers- retours, remplit son gosier d’eau et le déverse sur le feu, parvient à sauver une petite portion de la forêt. Ce petit espace préservé contribuera à faire renaître la vie alentour. « Je fais ma part » lançait le colibri à ceux qui se moquaient de lui. A chacun de faire la sienne.

Comment devient-on un « éco- citoyen » ? 

Ce qui nous a marqués, c’est que J- R de Pelagey est quasiment devenu « écolo » (terme que lui- même juge trop connoté) grâce aux connaissances et à l’expérience qu’il a acquises ; mais c’est aussi le fait qu’il s’efforce, par  son travail, de sensibiliser ses interlocuteurs au gâchis existant et à la nécessité de mieux utiliser l’énergie. Ces convictions lui mettent du cœur à l’ouvrage, et donnent aussi sens à chaque jour de sa vie. Il évite le gaspillage, circule à bicyclette et gère son budget avec économie. A notre âge pourtant, il était sensible aux grands espaces mais pas féru d’écologie. Mais à 19 ans, un grand voyage à vélo dans l’Est du Canada lui a fait rencontrer beaucoup de gens proches de la nature, qui l’ont mis sur la voie. Depuis, c’est en compagnie de la petite reine qu’il effectue tous ses grands voyages. Ce métier, incompatible en début de carrière avec de grandes ambitions salariales, peut par la suite ouvrir à de nombreuses autres fonctions, telles que le conseil ou la création d’entreprise. J- R de Pelagey est attiré par la construction de logements répondant à des critères écologiques ainsi que par l’éco- mobilité. Pour conclure, ce qui lui paraît essentiel dans le choix d’un secteur professionnel, c’est la « petite flamme qui vous éclaire au début ». En plus, le sien, comme l’écrit Rémi, « c’est pour sauver la planète ».

 
Rencontre d'un directeur des ressources humaines
Rencontre avec Jean Blandin,
directeur des ressources humaines du Groupe Façonnable et président de l’ANDRH - Côte d’Azur
(Compte- rendu réalisé par la classe de 2nde 12)
  

            C’est à l’occasion d’un emploi étudiant régulier dans un Carrefour de la région parisienne que J. Blandin a découvert les « ressources humaines » : assistant du chef de caisse, il se voit finalement confier des tâches de recrutement, de formation et de gestion des plannings …et il met en place la première équipe (nous sommes en 1983) évoluant en rollers- skate dans les rayons.

            A l’issue d’un bac économique, il obtient à cette même époque une maîtrise en économie et une licence en droit, puis l’équivalent de l’actuel Master 2 en économie du travail et des politiques sociales, ainsi qu’un DESS plus orienté vers les ressources humaines et l’organisation.

  La fonction Personnel.
 

L’appellation « fonction Personnel » - et les diplômes qui y font référence - existe depuis 1982-83. J. Blandin explique quelle est sa raison d’être. Imaginons un créateur d’entreprise : il devra choisir ses proches collaborateurs (en termes plus techniques, ce que l’on appelle bâtir un organigramme), définir les tâches (définir des postes et des compétences), recruter, former et payer le personnel dans le respect de la législation du travail. Si l’entreprise grandit, elle devra dialoguer avec les organisations syndicales et les représentants des salariés, régler les problèmes quotidiens du personnel. Autant de missions dévolues au « Directeur des Ressources Humaines » (DRH), fonction qui peut d’ailleurs s’exercer à temps partagé sur plusieurs entreprises. En moyenne, les services de ressources humaines occupent 1,6% de l’effectif d’une entreprise : 9 personnes chez Façonnable, pour un effectif total de 600 personnes réparties dans le monde, plus de la moitié en France, les autres à part égale entre l’Europe et les Etats- Unis.

  DRH chez Façonnable.
 

Façonnable, propriété d’un groupe familial libanais, M1, est spécialisée dans le vêtement haut de gamme pour l’homme. A Nice, siège social du groupe, 12 ouvrières conçoivent des prototypes qui seront fabriqués principalement en Asie et en Europe de l’Est, même si le très haut de gamme est produit quant à lui en Italie. Au passage, J. Blandin nous fait remarquer qu’il est entièrement habillé par la marque !

 Les embauches, en ces temps de crise – auxquels seul le secteur du luxe semble échapper -, se limitent à une trentaine par an. La fonction de DRH, sauf cas exceptionnel comme, par exemple, un accident du travail, un conflit syndical ou l’incendie de locaux, s’accommode d’horaires réguliers. Mais J. Blandin travaille pour sa part 11 à 12 heures par jour.

  Une fonction qui place l’homme au centre
 

La fonction DRH table sur le capital humain, alors qu’une entreprise est orientée vers le profit financier. Or, dans sa recherche de gains rapides,  celle-ci court le risque de voir le climat social se détériorer. Le DRH, qui veut mettre en avant les salariés, incite donc à recruter et à former, même si le gain est diminué à court terme. En effet, la formation a un coût : « Comme la vôtre, depuis la maternelle jusqu’à l’obtention de votre diplôme. » Mais c’est aussi un investissement pour obtenir des personnes qualifiées  car « un salarié de 25 ans est moins efficace que celui qui a entre 50 et 60 ans ». Or, l’entreprise n’a pas toujours une vision à long terme. J. Blandin a choisi ce métier car il pense que l’homme est à la base de l’édifice, et qu’une entreprise où les équipes sont formées, bien rémunérées, et où une bonne entente règne, a plus de chances de réussir.

 Il préfère aux aspects techniques de sa fonction sa mission « de support et de conseil », qui consiste à écouter, puis à proposer des solutions en s’adaptant au mieux à ses interlocuteurs. « Les gens s’aiment et se détestent comme dans une classe, où vous avez tous des origines, des trajectoires et des orientations différentes. Je suis là pour apaiser les tensions comme le professeur dans sa classe, pour trouver des solutions dans le souci que l’entreprise fonctionne et que les salariés conservent leur emploi. »  

La parabole de l’olivier...

             De ses 20 ans d’expérience au sein de plusieurs sociétés, ce directeur des ressources humaines a appris à ne pas formuler de  jugement trop rapide. « A 15- 25 ans, on a des convictions tranchées. Mais quand on a été confronté à de multiples situations, on comprend qu’un jugement binaire entre le bien et le mal ne prend pas en compte la complexité humaine. » Il a aussi appris que lorsqu’on prête attention à l’individu, il peut grandir et apporter beaucoup. Vivant dans une ancienne « vie » entourée d’oliviers dont il est un inconditionnel, il  fait une analogie : « Quand vous taillez régulièrement ces arbres, que vous les traitez, ils donnent de bonnes olives. Dès que vous arrêtez, ils ne donnent plus rien. Pour l’homme, c’est exactement pareil. Si vous le formez, l’éduquez, lui offrez des perspectives et des rêves, il grandira. Si vous le laissez dans son coin, il se recroquevillera et ne donnera rien à l’entreprise. »
 

            Jean Blandin a accepté l’invitation de notre lycée car, à notre âge, il aurait aimé avoir des informations sur les métiers existants et il considère qu’il est de sa responsabilité de transmettre ce qu’il sait, « un bout de la vérité », dit- il. Aime-t-il toujours autant ce qu’il fait ? Lorsqu’il avait 26 ans, l’un de ses premiers chefs lui a reconnu  le mérite de toujours penser à demander aux gens s’ils allaient bien. A 48 ans,  il estime qu’il n’a pas perdu ce désir d’écouter les autres, et qu’il peut donc continuer ce métier !

 
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