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Ecriture et Mise en voix: un travail entre lycéen(e)s et étudiant(e)s
Cette année le programme de Terminale Littéraire porte sur La Princesse de Montpensier, nouvelle de Mme de Lafayette et film de Bertrand Tavernier. La romancière comme le réalisateur évoquent des lettres auxquelles le lecteur et le spectateur n'ont pas accès. Ce sont ces lettres que les élèves ont écrites. A l'issue de ce travail d'écriture d'invention les étudiants du BTS option Métiers du Son ont accueilli huit lectrices pour les guider dans la mise en voix de leurs textes. Le résultat se trouve ci-dessous...
Imaginez que nous ayons retrouvé la correspondance de ces personnages célèbres et laissez-vous emporter par cette histoire à l'issue tragique...

"Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l'amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres et d'en causer beaucoup dans son empire." (Mme de Lafayette La Princesse de Montpensier)

Enseignants ayant encadré ce travail: Mme Cardamone et M. Taylor Textes écrits par les élèves de TL1, TL2 et TL3

 
 
AP des 2ndes 14 : rencontre avec Kevyn KOHLER, co-gérant d’AKTISEA
Dans le cadre de l’Accompagnement Personnalisé, la classe de 2nde14 a rencontré Kevyn KOHLER, co-gérant d’AKTISEA, « entreprise adaptée » (avec le parrainage de l’association 100000 entrepreneurs)...
 
 
AP des 2ndes 14 : rencontre avec Kevyn KOHLER, co-gérant d’AKTISEA, « entreprise adaptée » (avec le parrainage de l’association 100000 entrepreneurs).
 
Parfois, pour trouver une bonne idée, il suffit de jouer des hasards de la vie : une mère inspectrice de l’Education Nationale chargée du handicap ; un accident de la route qui vous oblige à faire une partie de vos études supérieures en fauteuil roulant. La création d’une « entreprise adaptée », c’est-à-dire réservant plus de 80% des emplois à des personnes en situation de handicap, s’impose alors progressivement à vous. Son activité? A la fois le soutien commercial (prospection téléphonique, qualification de bases de données, veille concurrentielle…) et l’accompagnement des « Missions Handicap » des grands groupes dans leurs actions de recrutement. En langage commercial, ça donne : « activateur de contact », «détecteur de talents ».

Cette entreprise, c’est AKTISEA, créée en 2012 par Kevyn Kohler, âgé aujourd’hui de 31 ans, et Alban Grolleau. Mais ne croyez pas que ses 35 salariés soient très différents des salariés ordinaires. Au contraire, selon Kevyn, les personnes porteuses de handicap – celui-ci étant le plus souvent invisible - sont tout aussi dynamiques et efficaces que les valides. Chez AKTISEA, elles sont même encouragées à avoir le goût de la compétition. Eh oui ! Le jeu est la valeur-phare de l’entreprise car elle est celle de ses deux jeunes gérants. Comment motiver un salarié qui fait de la qualification de bases de données par téléphone, tâche fastidieuse s’il en est ? On peut par exemple transformer son ordinateur en terrain de jeu inspiré d’une course de tanks. A chaque appel réussi, le « tank » du salarié progresse – un jingle sonore ponctuant son succès-, le but étant d’arriver premier sur la ligne d’arrivée. Dans un autre jeu, des extra-terrestres –« avatars » des collaborateurs – tâcheront d’éviter les mots « négatifs » (comme « pas de problème »),  qui leur vaudraient des cartons rouges et l’élimination en tombant dans un précipice. Jeux, animations, déguisements, quizz, « challenges» renforcent la motivation des salariés. Et plus on s’amuse, plus on assure la satisfaction des clients !

AKTISEA comme « Activateur de CA [chiffre d’affaires]».

C’est en étant plus performant mais aussi plus réactif que la concurrence qu’on remporte les marchés. Un client appelle ? On a une journée pour lui faire une première proposition. Les entretiens de recrutement ? Ils sont systématiquement enregistrés et mis à disposition du client. Les dirigeants donnent l’exemple.  Kevyn, chargé du développement commercial de l’entreprise, fait un travail de fourmi auprès des prospects, participe à des salons professionnels et veille à la satisfaction des clients existants, qui vont de la TPE à la multinationale.  Parallèlement, de nombreux cadres dirigeants viennent dans les locaux mêmes d’AKTISEA « se former à ses méthodes managériales » basées sur le jeu.

Petit retour à la case « départ ».

Pourtant, Kevyn n’a pas eu un chemin tout tracé. Son bac STI et son BTS en mécanique des engins de travaux publics le conduisent au métier de responsable de maintenance et c’est alors qu’il se rend compte que son épanouissement se trouve ailleurs que dans un atelier de mécanique. Il entre donc dans une école de commerce. Et là, c’est coup double : il rencontre son futur associé à travers un exercice de simulation à la création d’entreprise où les deux compères prennent déjà plaisir à travailler ensemble.

« Créer ses propres règles du jeu »

Trois ans après, le jeu commence pour de bon pour Kevyn et Alban. Ils lancent avec enthousiasme AKTISEA. Mais ils avancent leurs pions très progressivement. Après avoir trouvé un premier client, une PME mouansoise, il leur faut deux ans et demi pour « préciser leur offre » et conquérir des groupes comme THALES ou DASSAULT SYSTEMES en créant des cabinets de recrutement dédiés aux personnes handicapées. Ces victoires sont déterminantes car les autres « grands comptes » suivront comme par un effet domino : LA SOCIETE GENERALE, TOTAL, PWC…. Grâce aux contrats gagnés, les jeunes gens peuvent progressivement s’équiper, louer des locaux et embaucher du personnel.

Question(s) pour un champion

Le secret …pour gagner ? « Etre audacieux, y aller à fond », sans se laisser freiner par des petites voix qui soufflent : « ton idée est nulle… Quelqu’un a la même que toi! ». Obstiné, Kevyn n’a pas peur de « se planter ». Un mental de guerrier, comme celui de ses « modèles » : le petit maigrichon fondateur du géant chinois du e-commerce ALIBABA, parfait « looser » à ses débuts ; le bouillonnant Richard Branson qui attaque un nouveau marché dès que l’ennui pointe ; ou enfin, son père, ouvrier dès l’âge de 14 ans, devenu le patron d’une petite entreprise de maintenance.

Kevyn s’estime juste, mais il reconnaît qu’il est aussi exigeant vis-à-vis de ses collaborateurs. Et les « mauvais perdants », faisant grise mine au moindre échec, « ne sont peut-être pas compatibles avec la philosophie d’AKTISEA ». Le chef d’entreprise, que rien n’arrête et pour qui trouver des clients est un défi stimulant, reconnaît néanmoins que le facteur humain reste imprévisible. Mais « avec du travail, de la rigueur et une touche d’optimisme », l’aventure collective peut continuer !
 
Les élèves de 2D2 participent au projet « Les petits programmateurs »
Les élèves de 2D2 participent au projet « Les petits programmateurs »
 
 
 
Dans le cadre de la liaison 3e/2D, nos élèves de 2D2 ont proposé à une classe de 3e  du collège Les Vallergues, mardi 2 mai, le film « Captain fantastic » de Matt Ross. Ils ont pu voir également le film choisi par les collégiens, «  Mustang » de Deniz Gamze Ergüven. 
 
Cet atelier de programmation s’intègre au Parcours d’Education Artistique et Culturelle inter-degré sur le champ artistique du cinéma proposé par la DAAC.  Durant toute l’année scolaire, les élèves, accompagnés par leur professeur de Lettres, Mme Tissier et Mme Thiery, professeur documentaliste, ont travaillé en partenariat avec la Médiathèque de Noailles et  la MJC Picaud. Ils ont sélectionné plusieurs films et à partir des bandes-annonces, des affiches, des séquences d’ouverture, en ont choisi un destiné à un public plus jeune.
 
 
Le jour des projections, les élèves ont présenté le film choisi, sous des formes variées : vidéos, affiches, chanson… préparées en ateliers durant les semaines précédentes. 
 
 
 
AP des 2ndes13 et 1ère S2 : rencontre avec Mireille Blay-Fornarino, enseignante-chercheuse en Intelligence Artificielle.

Inversons un peu les clichés pour commencer ! C’est l’histoire d’une blonde qui, à 17 ans, pressée de travailler, voulait faire des études courtes. Et puis, enthousiasmée par ses cours d’Informatique et découvrant que son cerveau marchait plutôt bien, elle décide de l’utiliser à plein régime : après un doctorat,  elle obtient quelques années plus tard, un poste de maître de conférence à l’actuelle Polytech ; enfin, habilitée à diriger des recherches, elle devient en 2010 Professeur d’Université.

Aujourd’hui, Mireille Blay- Fornarino enseigne à l’IUT Nice Côte d’Azur, où elle dirige les études de première année de son DUT d’Informatique ; quant à ses recherches, elles s’effectuent, au sein du Laboratoire d’Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia-Antipolis, dans une équipe d’environ 80 personnes, baptisée SPARKS, orientée vers l’Intelligence Artificielle, qu’elle a contribué à créer  et qu’elle a dirigée.

Après 25 ans de carrière d’enseignante-chercheuse et trois enfants élevés, le manque d’assurance de la jeune fille qu’elle était a cédé la place à une certitude : les femmes sont trop peu nombreuses dans la recherche scientifique, qu’elles s’y engagent ! Un très bon niveau en Mathématiques est-il exigé ? Pas nécessairement car selon elle, tout est affaire de « passion » et, aiguillonné par les exigences de la recherche, l’esprit devient toujours plus logique.

Le royaume de la chercheuse, l’Intelligence Artificielle, est celui des systèmes informatiques aux capacités cognitives proches de celles des hommes. Les premières S2, très au fait de ses avancées, ne tarissent pas de questions sur les logiciels de reconnaissance vocale et faciale, les objets connectés, ou encore les voitures autonomes.

 

Un métier « qui se construit dans les échanges »

Mireille Blay- Fornarino participe à ce tourbillon de l’innovation qui caractérise le progrès scientifique. Elle ne s’est jamais ennuyée dans son métier, s'associant de près ou de loin à de multiples projets d’une durée de 3 à 4 ans, et pour lesquels il faut sans cesse acquérir de nouvelles compétences. Encadrant des doctorants, elle prend part aux recherches : « On travaille ensemble ».

Ce besoin d’échanger, de partager, est d’autant plus nécessaire quand les partenaires des chercheurs ne sont pas des informaticiens. Ainsi, l’un des projets en cours a pour ambition d’apporter une aide au diagnostic médical en reliant les données des patients à des algorithmes. Mireille cite d’autres travaux, faciles à expliquer à ceux que le jargon informatique rebute : l’un de ses doctorants essaie d’implanter sur des cochons des stimulateurs pour les faire maigrir, dans l’espoir de traiter ensuite l’obésité chez les hommes ; elle-même est particulièrement fière d’un partenariat avec l’institut Clément Ader de Nice qui s’est étendu sur une dizaine d’années, le but étant de concevoir des jeux adaptés à des enfants déficients visuels.

 

Recherche recherche crédits pour la recherche

Tous les travaux de recherche font l’objet d’une évaluation. Si celle-ci s’appuie sur la communication régulière de leurs résultats, c’est, plus formellement, le Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES) qui en a la charge. Tous les 4 ans, le laboratoire remet un dossier à un comité d’évaluation, lequel, après l’avoir lu, se rend sur place et écrit un rapport. En fonction de ses conclusions seront décidés les moyens alloués au laboratoire ou même, dans le pire des cas, sa dissolution.

Mais Mireille, par sa fonction d’ « animation » de la recherche, estime que les fonds alloués par l’Etat sont très insuffisants, et ne permettent notamment pas de rémunérer la quarantaine de doctorants oeuvrant au sein de SPARKS. Il faut donc trouver d’autres sources de financement en gagnant des appels à projet ou en nouant des partenariats avec des industriels; enfin, les publications au niveau international de son unité de recherche ont des retombées financières indirectes - notons que sur mille articles proposés aux principales revues, seuls cent sont retenus.

Dès lors, si la chercheuse jouit d’une certaine liberté dans l’organisation de son emploi du temps, elle travaille « tout le temps ». Et quand il faut terminer tard dans la nuit de répondre à des appels d’offres, dont certains resteront sans suite, la recherche, « c’est très dur » ; « la politique », rarement absente des organisations humaines, est aussi une pierre jetée dans le jardin de la science.

 

J’aime, je partage

Heureusement, les relations que l’enseignante-chercheuse entretient avec ses étudiants sont sources de réconfort. Elle leur transmet la beauté de certains raisonnements, mais prend aussi soin de choisir des problématiques rejoignant leurs goûts, comme celle par exemple de relier plusieurs réseaux sociaux. C’est sans doute cette aptitude à concilier les deux facettes de son métier, la recherche et l’enseignement, parfois sources de tiraillements, qui lui permet d’affirmer : « J’ai eu la chance de pouvoir faire de mon métier ce que je voulais qu’il soit », suscitant l’exclamation d’Apolline - « Oh ! c’est beau, ça ! »

 

Brave new world

Ilona ne partage pas l’engouement général : l’Intelligence Artificielle ne va-t-elle pas détruire des emplois? Si elle juge illusoire de vouloir freiner la course à l’évolution, M. Blay-Fornarino en reconnaît les multiples dangers. A cet égard, l’une des plus grandes craintes n’est-elle pas que l’homme disparaisse au profit du robot ? Dans L’Odyssée de l’espace, on voit  le supercalculateur HAL9000 prêt à se débarrasser de ses partenaires humains. Pur fantasme ?

On peut avoir la curiosité de faire la connaissance virtuelle de Sophia, la dernière-née des androïdes femelles enfantée par le génie des chercheurs, presque séduisante si elle n’arborait un cerveau gris acier en lieu de cheveux. On préfèrera juger sa réponse plus « machinale » que prémonitoire quand elle affirme en riant que, oui, elle va « détruire l’humanité ! »
 
AP des 2ndes9 : rencontre avec Alexandre Baccili, kinésithérapeute.

C’est rarement avec plaisir qu’on entre un beau jour dans une salle de kiné remplie d’inconnus pas vraiment flambant neufs, l’un pédalant avec plus ou moins d’entrain sur un cycloergomètre, l’autre tirant inlassablement sur un élastique attaché à un espalier…. Un petit cours d'explication et ça y est, vous faites partie vous aussi, bon gré mal gré, pour des semaines, de ce petit cirque-ambulance. Et finalement, votre nouveau copain…, c’est le kiné !

Le nôtre, c’est Alex. Il est simple, cordial, d’humeur placide – « tudo bem ! », comme on dit au Brésil où, d’ascendance italienne, il a grandi. Avec son léger accent, il dit « tu » à tous ceux qu’il aime, c’est-à-dire à ses patients ! Savoir prêter une oreille attentive et bienveillante à ceux qui le consultent est selon lui la principale qualité d’un thérapeute. Mais, hors de son cabinet, Alexandre Baccili reconnaît qu’il n’est pas facile d’entendre les gens se plaindre, croyant pouvoir être rapidement délivrés de leurs maux. Les jeunes, par exemple! Ils devraient être les plus faciles à soigner, mais ils n’écoutent pas toujours ce qu’on leur dit !

 

D’un continent à l’autre

Le métier qu’Alexandre exerce maintenant depuis 10 ans s’est imposé à lui alors qu’il avait une douzaine d’années : l’une de ses sœurs, handicapée, a retrouvé l’usage de ses jambes grâce à la kinésithérapie.  Par ailleurs, mordu de sport depuis l’enfance, Alexandre a pu très tôt juger de l’intérêt de cette discipline. Plus tard, il choisit d’être physiothérapeute, dénomination utilisée hors de la CEE et englobant la kinésithérapie, l’ostéopathie et la chiropraxie. En France, les études de masseur-kinésithérapeute sont, depuis septembre 2015, de 4 ans après une année de PACES ou de STAPS. Celles d’Alexandre ont duré 8 ans, se déroulant principalement au Brésil, mais également en France (son sujet de master portait sur l’évolution de la scoliose, particulièrement bien soignée dans notre pays), et en Angleterre où, grâce au programme Erasmus, il s’initie au « crochetage », thérapie peu connue visant à séparer les tissus accolés à l’aide de crochets. De retour au Brésil, le goût de l’étude le démange toujours et, pendant 2 ans, tout en exerçant à mi-temps en cabinet et à domicile, il poursuit une spécialisation en kinésithérapie du sport. Pourquoi décide-t-il alors d’exercer en libéral en France, pays où les honoraires sont très encadrés? S’il en regrette les abus, il note que le système français de soins est « le meilleur du monde » ; et, suggère Alexis, c’est en France qu’il a trouvé l’âme soeur.

 

Quand rééducation rime avec investigation

Aujourd’hui à temps plein, Alexandre continue à apprendre, à travers des congrès nationaux ou internationaux, et la lecture de publications scientifiques en anglais – une formation tous les deux ans étant d’ailleurs une obligation légale. Car si certaines pathologies sont récurrentes, comme les lombalgies, les applications de la kinésie sont étendues et variées ; le diagnostic du médecin doit parfois être précisé, approfondi ou complété et trouver le bon traitement peut s’avérer ardu. Chercher est passionnant, l’échec d’autant plus frustrant. Alexandre se souvient avec amertume de cette jeune femme atteinte d’une sclérose en plaques dont il n’est pas parvenu à freiner la rapide progression. Pour conserver sa sérénité face aux difficultés, notre kinésithérapeute dispose d’un remède infaillible, qu’il conseille d’ailleurs à ses clients : le sport !

 

 « Filho Maravilha, nós gostamos de você !»

Ainsi chantait Jorge Ben à propos du footballeur brésilien Maravilha, autre spécialiste du crochetage, dont le but avait sauvé le club du Flamengo. Edouard lance avec un sourire complice : « Neymar ou Ronaldo? » Neymar, bien sûr, même si le sportif favori d’Alexandre, c’est Lance Armstrong - il s’est dopé ? Tout comme les autres! Mais quel «mental d’acier » ! Et naturellement, soigner les athlètes est ce que notre kinésithérapeute préfère. Nous l’interrogeons sur les sports les plus traumatiques, sur ses recommandations aux jeunes sportifs… La question qui brûle les lèvres est de savoir « s’il a soigné des champions». Oui, au Brésil, des footballeurs ; en France, surtout des pros du cyclisme, de la course à pied et du triathlon, sports que lui-même pratique. D’ailleurs, l’une de ses plus grandes fiertés est d’avoir identifié l’origine de la douleur lombaire d’un cycliste de l’équipe Cofidis, lequel a ensuite pu obtenir une 50è place au tour de France : il était atteint d’une malformation très rare du nerf sciatique (celui-ci passant au milieu du muscle).

 

Un métier pour les geeks ?

Fasciathérapie, PCP thérapie, pressothérapie, thermothérapie, cryothérapie, impulsions par électrodes…Alexandre, toujours à l’affût de nouvelles stimulations intellectuelles, suit de près toutes les innovations. Sa dernière emplette, plutôt onéreuse, est un tapis roulant « anti-gravité » Alter G, dont les exemplaires se comptent en France sur les doigts de la main : outil tant de rééducation que de préparation physique, il permet de se délester de son poids…et de courir comme en apesanteur! Mais loin d’Alexandre l’idée de se cantonner dans une médecine techniciste. L’expérience lui a appris qu’une pathologie ne peut être considérée isolément, en ignorant tout de l’histoire et de l’environnement du patient. D'ailleurs, s’il a paru si « épanoui » aux élèves, c’est que, par tempérament, il n’aime pas « s’enfermer », pas même dans le plus beau métier.

 

Toujours en mouvement

Ainsi, les deux cabinets quil a créés, (le premier à Antibes, le second très récemment à Nice pour répondre aux demandes de lest du département) sont constitués d’équipes pluridisciplinaires rassemblant à lheure actuelle une quinzaine de praticiens exerçant en libéral (dont trois médecins, un ostéopathe, deux infirmiers) assistés dun secrétariat. Comme on pouvait sen douter, Alexandre « aime bien les défis ». Ses prochaines conquêtes? Elles lui permettront, en suivant les progrès de sa discipline, de soigner de mieux en mieux ses patients ; apportant par ailleurs sa contribution au décloisonnement du système de soins, il envisage dans le futur douvrir une troisième « maison médicale ». A Cannes, bien sûr!

 

 
AP des 2ndes2 : rencontre avec Philippe Hayat, entrepreneur, écrivain, fondateur de l’association 100000 entrepreneurs.

 

 

« Qu’est-ce que j’peux faire ? j’sais pas quoi faire ! » répétait Anna Karina dans Pierrot le fou. Qui, parmi les jeunes gens d’hier et d’aujourd’hui,  ne s’est jamais posé cette question ? Mais Philippe Hayat pense que peu sont ceux qui réfléchissent vraiment à ce qu’ils veulent faire. Pourtant cela donnerait du sens à leur vie, et l’on ne fait bien que ce que l’on aime. Bizarrement, lui qui est un « enfant de la balle », n’aura pas d’idée précise avant 30 ans quand, rachetant l’entreprise de son grand-père, il dira oui pour toujours à l’entreprenariat.

            En attendant, il a fallu patienter et mettre toutes les chances de son côté. Philippe Hayat ne craint pas de dire que sa scolarité a été un long « bachotage » : dictées quotidiennes pendant les vacances, exercices de Maths par cinquantaines avant les contrôles. À l’adolescence, sa seule certitude étant qu’il ne veut dépendre de personne, il choisit la voie royale, celle des Grandes Ecoles qui mènent en principe à tout. Ce sera Polytechnique puis l’ESSEC, une école de commerce également réputée : une double voie royale, en quelque sorte ! S’ensuivent des débuts dans le conseil, ainsi que diverses expériences à l’issue desquelles il peut, enfin, voler de ses propres ailes. Depuis, il a multiplié les créations et les reprises d’entreprises dans le domaine de l’industrie, des technologies et des services, et il codirige aujourd’hui un fonds d’investissement pour PME innovantes.

            De son parcours, il tire un enseignement : lorsqu’on ne sait pas vers quel métier se diriger, mieux vaut opter pour les études généralistes les meilleures qui soient. Avec le recul, elles servent énormément : savoir rédiger, maîtriser les mathématiques, connaître l’histoire et la géographie, tout est utile dans le monde de l’entreprise. Mais avant tout, les études nous auront apporté une précieuse capacité à poser les problèmes de façon rationnelle.

 

            Capital Rêve

           

            Néanmoins, le dur labeur aurait peu d’attraits et serait plutôt un repoussoir s’il ne permettait à chacun de réaliser le rêve qu’il porte en soi, et qui reflète sa personnalité ; pour cela, il faut peu à peu le circonscrire, l’éprouver, pour lui donner enfin forme concrète. Mais celui qui « entreprend » ne peut faire face aux défis qu’il rencontre de manière scolaire. Il lui faut poser des questions, et pousser la curiosité assez loin pour savoir y répondre ; accepter, avec humilité, l’erreur quotidienne, et persévérer dans un projet qui, en entreprise, est nécessairement collectif. Il en tirera un sentiment de liberté, et la satisfaction d’avoir prise sur la réalité, pour incertaine et changeante qu’elle soit. « Le monde se révèle aux entreprenants»  proclame Philippe Hayat.

            Nul besoin pourtant de coller à l’image type de l’entrepreneur, supposé enclin à la prise de risque et naturellement porté vers l’innovation. Notre chef d’entreprise ne se trouve ni génial, ni visionnaire ; pire encore, il n’écoute pas ses intuitions, car il a très peur de se tromper. Mais de ses défauts, il a su faire des qualités : il confronte ainsi très vite ses idées au «terrain », pour vérifier leur pertinence, et associe ses collaborateurs à sa réflexion, libre à eux d’animer aussi « un projet qui leur ressemble ».

            Porté par un rêve, l’entrepreneur est constamment rattrapé par les dures lois du réel. La concurrence est rude, les clients négocient âprement, et un licenciement affecte grandement le moral des salariés. Dès lors, la belle aventure, qui risque à tout moment de s’achever, occupe en permanence l’esprit de celui qui s’y est engagé. Il faut pourtant savoir se ménager des temps de repos et de détachement ; c’est ce que Philippe Hayat a appris de son père, qui lui a donné le « modèle » d’une vie équilibrée entre son entreprise et sa famille.

 

            «Les Matinaux» 

 

            Notre entrepreneur fait aussi partie des « matinaux », titre d’un recueil de René Char. Pour lui, « l’aventure commence à l’aurore »… par l’écriture. Auteur d’un roman et de plusieurs essais, il cite surtout les poètes parmi ceux qui éclairent sa route. Sa propre expérience trouve en effet une résonance dans Feuillets d’Hypnos, du poète précité, chef de maquis en Provence pendant la guerre. « Il devait prendre des décisions dans un monde très hostile… Et il insiste beaucoup sur la nécessité de se construire, de se dépasser, et de recueillir les fruits de son courage ». Comme tout lecteur, Philippe Hayat s’approprie ce qu’il lit. Et s’il ne craint pas d’associer entreprenariat et poésie, c’est sans doute parce que cette dernière constitue à la fois une quête intérieure et une manière nouvelle d’aborder la réalité. Ces «yeux fertiles» posés sur le monde, comme l’écrivait Eluard qu’il affectionne également, cette envie d’en saisir toutes les opportunités, lui permettent de se sentir proche de la jeunesse.

 

« Jeunes gens, ayons bon courage ! Si rude qu’on nous veuille faire le présent, l’avenir sera beau. »

 

            Philippe Hayat place ces mots de Victor Hugo dans la préface d’Hernani en exergue de son essai L’avenir à portée de main, écrit en 2015. Car s’il loue « l’agilité » de ces férus de nouvelles technologies, lesquelles peuvent, de manière stupéfiante, faciliter et démultiplier toute initiative, il les exhorte à faire bon usage de toute leur fraîcheur et de toute leur force. Cela l’a conduit à créer 100000 entrepreneurs, une association qui veut instiller chez les jeunes l’esprit d’entreprise, de l’école à l’université. En effet, ce n’est pas l’argent qui fait défaut, ce sont les bonnes idées.

            « Quelqu’un dans la classe en a-t-il une ? » demande-t-on aux élèves. Oui : Ludovica veut, en lien avec les maisons de disques, promouvoir les jeunes artistes auprès de leurs fans. En quelques questions, Philippe Hayat l’aide à identifier plus clairement ses clients, son offre (rencontres, concerts, opérations sur les réseaux sociaux…), son mode de rémunération, et il l’invite enfin à soumettre son idée à tous les acteurs potentiels. La jeune Italienne se souhaite à elle-même autant de succès dans les affaires que l’entrepreneur !

            Mais qu’on ne s’y trompe pas, on ne devient pas « chef », quel que soit le domaine, du jour au lendemain, comme le promettent les émissions de téléréalité. Philippe Hayat, qui se reproche son naturel très impatient, a appris que rien ne se faisait sans le temps. Mais ce qu’il semble savoir depuis toujours, c’est que le travail est bien ce trésor que le laboureur promettait à ses enfants.
 
AP des 2nde2, 2nde3, 2nde5 et 2nde11 : rencontre avec Corinne Rivière, comédienne à Cannes.

   

Ce qu’elle préfère dans son métier ? La scène ! « C’est tellement jouissif d’entrer dans la vie de toutes sortes de personnes ! » s’exclame Corinne Rivière. A cela s’ajoute le bonheur d’être portée par le public, par son rire ou son attention silencieuse. Les applaudissements, elle en redemande. C’est si gratifiant ! On ne fait pas ce métier « sans une grande demande de reconnaissance ». Dès lors, le métier d’acteur de cinéma est pour elle une sorte de tue-l’amour, n’autorisant qu’un jeu fragmenté, entre deux prises de vue, sur un plateau occupé par des artistes ou des techniciens de l’image. Corinne est comédienne, presque au sens de la langue classique où le mot s’opposait parfois à « tragédien(ne) », car elle préfère les rires aux pleurs, remarquant néanmoins que les emplois comiques contiennent de manière latente leurs opposés tragiques.

 

 Une vocation impérieuse

 

  « Ce n’est pas moi qui ai choisi le théâtre, c’est lui qui m’a choisie » dit Corinne avec force. Il est entré dans sa vie de manière banale, un simple passe-temps pratiqué au lycée, puis dans une MJC de la région parisienne. Mais pour lui, elle a arrêté une licence de lettres à la Sorbonne. Et quand, plus tard, il lui est arrivé de gagner sa vie sans lui, elle en pleurait : ce n’était pas elle ! Le théâtre l’a comblée. Des années de bonheur fou, partagé avec le public, les seuls mauvais souvenirs étant les accidents de plateau : continuer à jouer, au bord de l’évanouissement, après s’être cogné le pied ; une chaise qui se casse et qui devient inutilisable, rendant impossible le bon déroulement de la scène.

 

  Tout a vraiment commencé quand elle a rencontré Anca Ovannez-Dorosenco, ex-directrice du théâtre de Bucarest, réfugiée politique en France, qui lui offre ses premiers grands rôles. Puis, elle se forme au gré de stages, à Paris. Son jeu sera définitivement marqué par la méthode de Stanislavski, cet homme de théâtre russe qui, débarrassant le jeu de l’acteur de son artificialité et de sa grandiloquence, a nourri tant le théâtre que le cinéma du XXè siècle : le comédien, en faisant appel à son propre vécu et à son imagination affective, doit trouver les émotions qui se rapprochent le plus de celles du personnage, et entrer en quelque sorte dans sa vie. A cet exercice, les comédiens les plus âgés, riches d’un ondoyant passé, excellent. 

 

« Aller vers le personnage »

 

  A l’une de ses élèves qui doit jouer Violaine, une jeune fille mystique, accablée de terribles maux, dans L’Annonce faite à Marie de Claudel, Corinne prodigue les conseils suivants : s’imprégner bien évidemment de l’auteur et de son œuvre, mais aussi se renseigner sur la lèpre, assister à une messe avec des aveugles, regarder une adaptation cinématographique de La Religieuse de Diderot…C’est ensuite qu’elle pourra commencer à apprendre son rôle.

  Mais la tâche d’un comédien commence bien en amont. Il s’agit d’abord, comme dans le chant, d’apprendre à utiliser sa voix, et donc à respirer par le ventre, pour éviter d’abîmer ses cordes vocales ; ensuite, d’assouplir son corps pour qu’il se plie sans heurts à toutes les postures – aux Etats-Unis, le comédien doit être aussi un danseur, un chanteur, un mime, un clown…. Mais la plasticité concerne aussi son esprit : il lui faut apprendre à «lâcher prise », à laisser tomber tout regard critique sur lui-même, « à faire la poule sans peur du ridicule » ; enfin, la concentration est une autre qualité à développer pour ne pas « décrocher » et « perdre le personnage » au cours de la représentation –elle se solde par l’épuisement quand le rideau tombe. Notons que Corinne a utilisé les techniques du théâtre pour aider ceux qui exercent des fonctions de représentation : comment communiquer par la voix, par le regard, le maintien ? Elle a notamment formé le personnel de salle des plus grands restaurants et contribué au succès des « meilleurs jeunes sommeliers » de France.

 

Une vie vouée au théâtre

 

  Corinne n’a pas seulement interprété un grand nombre de rôles issus des répertoires classique et contemporain ; elle a aussi créé des costumes, des décors, écrit et monté des pièces. Pour elle, « le théâtre est un espace de recherche et de liberté », porté par des siècles de réflexion et de pratique que le comédien ne peut ignorer même s’il parle toujours à son temps ; le metteur en scène choisit une pièce parce que, d’accord avec les acteurs, il a quelque chose à transmettre au public. Si une scène peut être jouée de multiples façons, une seule lui conviendra. Corinne a récemment interprété une pièce courte de Guy Foissy (dans Variations assassines) à l’humour très noir : deux promeneuses s’offusquent …de découvrir un enfant mort sur le trottoir. A l’heure où les migrants affluent dans des conditions effroyables en Europe, la pièce écrite il y a quelques années prend une résonance particulière : « pour vivre heureux, cachons ce qui nous dérange », résume ironiquement Corinne.

  Monter des spectacles qui lui tiennent à cœur et leur garantir une plus grande audience, telle est l’une des ambitions de la compagnie que Corinne a créée il y a six ans, scellant son mariage avec le théâtre d’un lien indéfectible. L’Eclat de Rêve porte bien son nom tant les projets foisonnent : la comédienne prépare son entrée au festival d’Avignon au printemps prochain, sans oublier pour autant son activité bénévole de « théâtre sans frontières » dans les maisons de retraite, les hôpitaux,…les lieux d’isolement; à Cannes, rue Léon Noël, une salle de spectacles de 35 places, dont la mise aux normes est en cours, permettra bientôt d’inviter d’autres compagnies; et les locaux dans lesquels elle dispense des cours d’art dramatique vont bientôt s’agrandir…

 

  Et nous les ados, pourquoi ferions-nous du théâtre ? « pour apprendre à vous connaître, à vous dépasser, à maîtriser le trac,… à vous concentrer aussi ! – gros déficit de votre génération ! » répond Corinne. Allez ! sortez de vos chambres douillettes, ôtez vos scaphandres, lâchez vos bidules dernier cri ; venez clamer tout ce qui vous passe par la tête, inventer des gags farcesques, donner la réplique à un irrésistible Dom Juan ou à une piquante Célimène ; venez réchauffer votre cœur au sein d’une petite troupe pleine d’entrain et rejoindre ainsi la grande famille du théâtre. Y a d’la joie ! Y a d’la joie ! 

 
AP des 2ndes9 : rencontre avec Alexandre des Isnards, auteur du Dictionnaire du nouveau français.

Les élèves l’ont trouvé « stylé », trop « cool », voir carrément « swag ». Alexandre des Isnards a su trouver le ton, allant jusqu’à « se taper des barres » avec eux, mais restant simple et honnête sur son parcours.

        Après des débuts universitaires prometteurs mais hésitants, dont Sciences Po Paris, il entreprend un 3è cycle d’affaires internationales « pour donner un côté business » à son cv. Malgré cela, ce jeune parisien ne sait toujours pas quoi faire dans la vie. Alors, surfant sur la toute nouvelle vague d’Internet, il décide de travailler en agence de communication, puis en web agency. Avec Thomas pourtant, son meilleur ami, basé à Toulouse, ils s'interrogeaient : pourquoi, en entreprise, les gens sont-ils au fond si peu épanouis derrière leurs sourires contrefaits? « Un jour, Thomas m’envoie par mail un petit dialogue…J’ajoute quelques petites phrases rigolotes… ». Ils tenaient l’idée qui allait faire leur succès. Leur analyse fut alors simple : comme plus personne n'a le temps de lire, il fallait écrire un texte qu’on ne puisse plus lâcher, après une journée sous pression dans une tour de « la Défonce », quartier d’affaires bien connu. Ca a donné L’open space m’a tuer, paru en 2008 : « dans des saynètes truculentes, on découvre les souffrances et les désillusions de la génération de l’open space, […] les dures réalités des nouvelles méthodes de management » (4è de couverture.). Avec ses 150000 exemplaires, ce fut un best-seller.

Trois ans plus tard, le duo publiait Facebook m’a tuer, court ouvrage qui montre ce que Facebook, Google, Tweeter…ont changé dans les rapports humains : quand 169 invités « viendr(ont) peut-être » à une pendaison de crémaillère, comment faire « peut-être » faire quelques courses ? … comment un romantique trop sincère pourra-t-il dégoter une Meetic girl s’il n’est pas coaché par un ami malin qui lui révèle comment « jouer le volume » ? …Quant aux amoureux, «always connected », un sms qui reste en rade, et on frôle la catastrophe sentimentale…Le couple part à Bali ? Waoooouh !...mais seulement s’il y a des photos sur Facebook ! …Thomas, avec son talent « visuel », « de cinéaste », Alexandre, avec celui des dialogues qui font mouche, trouvent ce qui prête à rire dans les petits et grands moments de la vie d’aujourd’hui.

 

 Dans le creux de la vague

 

Ils écrivaient à quatre mains, ils avaient l’impression de ne faire qu’un comme dans toutes les grandes amitiés… Mais Thomas, celui qu’il appelait « le compadre », est mort en novembre 2011 et Alexandre, le cœur arraché, a mis beaucoup de temps à s’en remettre. Il a continué seul son chemin et s’est tourné, par nécessité, vers d’autres métiers : enseignant, conférencier, chroniqueur - commentant par exemple dans la colonne hebdomadaire intitulée « Le jargonaute » de la revue Management , une expression dans le vent, comme « on n’est pas des bisounours »… Lui non plus et, sans « (s’)inventer une vocation d’écrivain », il s’est décidé de manière pragmatique à reprendre un jeu qui, somme toute, lui réussissait assez bien …

 

Un dictionnaire pour être à la page

 

Si notre auteur a connu les feux des médias, du studio de radio au plateau télé, expériences plutôt intimidantes, il a aussi essuyé des critiques; en particulier, celle d'adopter un style "relâché", une manière pourtant dans l'esprit de la sociologie de retranscrire fidèlement la langue de ses contemporains, et qui fait en outre toute la saveur des dialogues. Dans la préface du Dictionnaire du nouveau français, qu’il publie en 2014, il affirme sans ambages qu'il faut « ouvrir plus grande la porte » à ces mots « qui en disent long sur l'évolution de la société ». Mais s’il n’est pas un puriste, il condamne les mots à la mode qui prennent le dessus sur les autres et font perdre à la langue ses nuances. Pourquoi se gargariser du verbe « impacter » alors que le français nous offre « toucher », « affecter », « meurtrir »… ? La créativité du langage le subjugue, celui émanant des jeunes en particulier. Et comme tout lexicographe, il cherche l'origine des mots, analyse leur évolution et estime leur longévité, s’appuyant beaucoup sur Google et sur Topsy (site qui recense tous les tweets depuis leur création). 

 

Trucs en plumes… (recyclons Zizi Jeanmaire)

 

Alexandre n'est pas jaloux des romanciers à succès dont il observe les recettes, admire le talent de conteur, mais guère le style "à l'eau de rose", très éloigné du sien, volontiers parodique. A mi-chemin de l’ethnologue et du satiriste, il observe, écoute, puis note les expressions qui « sonnent vrai » sur son bloc-note ou sur son smartphone, Tout lui est bon, la rue ou les réseaux sociaux. Sur Facebook, il « accepte » tout le monde, et peut se prévaloir -avec les « apprenants » de 2nde9- de 835 « amis » ; sur Tweeter, il se contente de « faire de l’espionnage ».

Et si on venait le concurrencer sur son terrain ? Notre essayiste sait quel chemin il a parcouru, le temps qu’il lui a fallu pour creuser son sillon…et il affiche une sérénité prudente. Car ne lui parlez pas d’inspiration : « C’est un mythe pour les paresseux ». Il aime citer l’affirmation abrupte d'Hemingway : "Le premier jet est de la m…". Chacune des saynètes de ses premiers livres ont été réécrites 40 à 50 fois. Et Thomas et lui avaient mis quatre ans pour écrire l’extrait de quatorze pages qui a convaincu leur éditeur !

Cet éditeur, c’est Guillaume Allary, qu’il a suivi d’Hachette Littérature au groupe Robert Laffont, et enfin dans la maison d’édition créée en 2014 qui porte son nom. « Bravo ! Tout est là! » s’exclame cet homme, avec qui il a « une relation extraordinaire », quand on lui donne un manuscrit à relire. Tous les ingrédients d’un bon livre sont là, mais vu les multiples annotations en rouge, il ne reste plus qu’à recommencer.

 

Alexandre lève le voile sur son prochain livre. Sachez seulement qu’il s’appuiera sur un je ne sais quoi, un presque rien…qui parfume l’air du temps, infiltre l’esprit de ses contemporains, teinte les conversations. Un troisième best-seller ? Allez le quadra, on le sent bien, faut que t’y ailles winneur !
 
AP des 2ndes 12 : visite de CréACannes, pépinière d’entreprises cannoise.

La pépinière CréACannes héberge et accompagne temporairement de toutes jeunes entreprises à la pointe du progrès. Sa responsable, Laureen Cardin, a choisi de nous présenter quatre jeunes « plants » du domaine de l’image : Vincent Gambardella, que ses débuts dans la communication ont sensibilisé au message que véhicule l’image, a créé une auto- entreprise spécialisée dans la photo et la réalisation de vidéos. Il travaille principalement pour les agences événementielles, mais nous a montré un clip réalisé pour l’Université de Nice, présentant aux étudiants potentiels le cadre enchanteur de la promenade des Anglais occupé par une foule de jeunes coureurs; Christophe Vestri, docteur ès sciences, a fondé en 2014 3DVTech, un bureau d’étude spécialisé dans le développement de technologies d’imagerie numérique, utilisées en particulier pour le cinéma 3D et la réalité augmentée. Il  nous a donné un aperçu de la fabrication des images 3D, encore à un stade expérimental ; Michel Thomazeau a lancé en 2013 Cubical Drift, studio de jeu indépendant, fort aujourd’hui d’une douzaine de collaborateurs, dont 6 salariés à temps plein. Son premier projet, «Planets», un jeu de rôle dans un monde constitué de blocs, a d’abord été porté avec succès par l’entreprise américaine de financement participatif Kickstarter. L’équipe a alors pu s’installer dans les locaux de la pépinière et a livré il y a quelques semaines la version « alpha » du jeu; enfin, Charles-Henri Marraud de Grottes, réalisateur-scénariste créateur de Zap and Clap, une société de production de films, a mis en avant le concept prometteur d’ « immerciné », qui combine le cinéma avec la réalité virtuelle.

Les élèves, qui appartiennent à la génération de l’image, se sont tous sentis réellement concernés !

 

 
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