AP des 2ndes6
AP des 2ndes6 : rencontre avec Catherine Lamarque, entrepreneuse.
(avec le parrainage de l’association 100000 entrepreneurs)


On peut avoir brassé des millions sans être « bling bling » et avoir nourri l’ambition de parvenir au sommet sans être un requin de la finance. Catherine Lamarque, entrepreneuse et conseil auprès de jeunes entrepreneurs, déclare vivre simplement et consacrer son argent à des projets qui font sens. Mais si elle préfère une promenade dans le Mercantour à la conduite d’une belle voiture, il lui a fallu mener sa vie tambour battant.


 D’origine modeste, boursière, Catherine Lamarque met déjà les bouchées doubles, menant de front en dernière année d’école de commerce, à Pau, deux spécialisations, l’une en Finance, l’autre en Informatique. Ses études achevées, elle devient cadre, d’abord chez EDF, puis chez Engie et Suez où, c’est bien simple, elle veut faire partie des 2% de femmes aux postes les plus élevés, gagner autant sinon plus que les hommes ; et surtout, ne pas moisir trop longtemps au même endroit. « Quand on s’intéresse à ce qu’on fait, et que l’on obtient des résultats, il ne faut pas avoir peur d’aller dire à ses supérieurs qu’on veut évoluer ou être augmentée». Elle sera responsable financière, auditrice, « business developer »….et obligée de déménager vingt-trois fois !


Mais Catherine Lamarque, qui a pourtant trois enfants, avoue qu’elle s’ennuie vite. Après plus de quinze ans au sein de ces grands groupes, elle prend une année sabbatique. Ce sera pour vendre son appartement, soit toutes ses économies, et co-fonder Optimhome, une société basée sur le concept, qui depuis a fait école, d’Immobilier sur Internet. Entourée d’associés et de collaborateurs salariés intéressés aux résultats de l’entreprise, elle est à même de couvrir toutes les compétences fonctionnelles nécessaires à ce domaine qu’elle découvre. Sa compétence propre, c’est de savoir trancher les mille problèmes quotidiens, de prendre des décisions « stratégiques » - celles qui évitent d’aller dans le mur - sans assurance qu’elles mèneront à bon port ; si la « cheffe » n’est « pas commode », elle entraîne ses collaborateurs car, adorant son travail, elle se donne sans compter. Mais elle sait compter…


En quatre ans, l’essor de l’entreprise est fulgurant : un réseau de mille trois-cents personnes, quatre implantations en Europe,  près de quarante millions de chiffre d’affaires ! Mais, nouveau virage, Catherine Lamarque cède ces parts au groupe PINAULT, ce qui lui vaut cette année-là d’acquitter autant d’impôts qu’Amazon pour un résultat cent fois inférieur – le géant du Web devrait donc en payer beaucoup plus ! L’entrepreneuse aurait alors pu se reposer sur ses lauriers et ses deniers. Mais elle préfère rejouer la mise, créant ou aidant d’autres entreprises, quitte à connaître parfois de cuisants revers.


Aujourd’hui, la vie de la quinquagénaire s’élargit en de multiples activités. Elle continue à investir, de préférence dans des idées prometteuses pouvant servir la société ; se sentant redevable de cette dernière, elle multiplie les activités associatives, de l’aide aux chômeurs à la défense de la Méditerranée…et jusqu’aux interventions dans les classes. On peut naître « en bas de l’échelle » et faire partie des 1% qui sont en haut, dit-elle aux élèves. Avec son enjouement et son allant, son accent du Béarn, on la croit sur parole : les freins sont « seulement dans la tête » ! La chance ? Comme l’avait dit Alain Prost, « au bout d’un moment, ça s’appelle le talent ». A chacun, donc, de faire fructifier le sien.